C’est un voyage au cœur des civilisations. Avec Peintures des lointains, le musée du Quai Branly Jacques Chirac a rassemblé près de 220 œuvres inédites de la fin du XVIIIème siècle au milieu du XXème siècle.
Exposée pour la première fois, cette collection de peintures illustre le regard que la France portait sur ses colonies, entre fascination, intrigue et domination.

©Musée du Quai Branly
Au cours de la visite, les ports de Charles Fouqueray côtoient les scènes de vie égyptiennes d’Émile Bernard et les dessins de Tahiti de Gauguin et de Matisse. Les toiles révèlent à chaque fois une lumière nouvelle, comme Mosquée dans la basse Egypte de Prosper Marilhat, des couleurs exaltantes et des végétations inhabituelles.

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On découvre par exemple les toiles de Marcel Mouillot, Le cirque de Cilaos ou de Jean Dunand avec Le Flamboyant, qui illustrent la floraison luxuriante de la Réunion et de la Martinique. Puis on fait escale au Brésil, avec François-Auguste Biard et ses Deux Indiens en pirogue, un couple évoluant sur l’eau en harmonie avec la nature.

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D’autres territoires inquiètent et fascinent à la fois, comme le désert et son mode de vie itinérant. Théodore Frère met en lumière le caractère inhabité et le décor mystique de ce paysage dans Halte de la caravane. Divisé entre un sol sablonneux et un ciel bleu sans nuance, la toile représente un groupe de Bédouins se prélassant aux pieds des palmiers.

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En quête d’une beauté primitive, Paul Gauguin passe les deux dernières années de sa vie en Tahiti. De retour à Paris, le peintre exécute dix bois gravés dont Noa Noa, une gravure tirée en noir et brin sur papier japon. Plus loin, on peut admirer Les Tahitiennes d’Henri Matisse au crayon et encre sur papier.

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Tout au long du 19ème siècle, le roman Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre a inspiré les artistes et les illustrations se sont multipliées sous forme de bibelots, sculptures et de tableaux comme Naufrage de Virginie de Alfred Dehodencq, peint dans des tons très sombres et dramatiques.

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Après la tentation de l’exotisme, on assiste à une représentation plus hiérarchisée et plus stéréotypée. C’est le cas de L’Odalisque, d’Ange Tissier qui transcrit un imaginaire plus charnel en croisant les stéréotypes d’une féminité à la fois lascive et sensuelle.
L’art occidental emprunte également le chemin du portrait, en utilisant un regard davantage porté sur le modèle et les détails, comme en témoigne la toile du peintre américain George Catlin, Portrait de Wa-tah-we-buck-a-nah. Puis marqué par l'histoire, l'art se tourne vers la célébration de l’impérialisme colonial, mis en scène notamment dans la toile de Frédéric Regamey, Jules Ferry recevant les délégués des colonies.

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Il est alors question de l’opposition entre un homme « civilisé » et « l’indigène ». Le rapport à l’autre bascule vers le dénigrement et la dépréciation des peuples colonisés. Le peinture d’André Herviault, L’Officier constructeur, illustre le rôle social de l’armée dans les colonies et tait les injustices avec une palette lumineuse presque réconfortante.
Peinture des lointains, jusqu’au 6 février 2019, Musée du Quai Branly Jacques Chirac (7e).
![La collection Burberry de septembre 2017 pour homme et femme sera également présentée dans le cadre de cette exposition.[©Burberry]](http://static.cnewsmatin.fr/sites/default/files/styles/image_200_112/public/blondey_mccoy_wearing_a_burberry_car_coat_photographed_by_alasdair_mclellan_c_courtesy_of_burberry_alasdair_mclellan.jpg?itok=YVZbxuMv)
![Depuis sa rétrospective au Centre Pompidou en 2003, l’exposition est la première présentation muséale en France à couvrir plusieurs décennies de création de l’artiste.[©DR]](http://static.cnewsmatin.fr/sites/default/files/styles/image_200_112/public/5_4_0.jpg?itok=FnGX1qZT)