Cinq spectacles originaux à voir cet été à Paris

«Les crapauds fous», un récit incroyable, mené à 200 à l'heure et inspiré d'une histoire vraie, porté pour la première fois sur scène. [B. Richebé ]

La vie culturelle parisienne n'est jamais en vacances. Alors que les théâtres profitent de la période estivale pour programmer des pièces plus légères, ces cinq spectacles inventifs offriront, chacun dans un registre différent, la garantie de belles soirées. 

De la comédie d’aventure historique à la pièce au concept délirant en passant par un un show qui mêle art lyrique et humour, un braquage hilarant récompensé aux Molières cette année et un voyage initiatique à partager en famille,  ces spectacles transformeraient presque la capitale en succursale du festival Off d'Avignon. 

Une comédie inventive qui propose au public de devenir acteur 

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© B. Richebé 

Un concept audacieux efficace. Avec «Où est Jean-Louis ?», Gaëlle Gaultier, à l'origine de ce projet original, propose aux spectateurs qui le souhaitent de devenir acteur. Si tout commence comme une comédie classique - Philippe a réuni ses salariés pour un dîner et ils attendent un invité mystère prénommé Jean-Louis - le cours de la pièce bascule quand ce dernier ne se présente pas. Entourés par de bons comédiens dont Arnaud Gidoin, Karine Dubernet, Sébastien Pierre ou encore Loïc Legendre, trois spectateurs volontaires prendront alors ce rôle au pied levé. Mis en scène par le talentueux et inventif Arthur Jugnot, le résultat fonctionne à merveille. 

Où est Jean-Louis? jusqu’au 19 août, Théâtre de la Michodière, Paris 2e. 

Une comédie d’aventure inspirée d’une histoire vraie

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© S. Andersen 

L’incroyable histoire vraie de deux médecins polonais pendant la seconde guerre mondiale, portée pour la première fois sur scène. Avec «Les crapauds fous», Mélody Mourey signe une pièce vive et inspirante. Quand, en 1990, Anastazy, jeune psychologue, rend visite à Stanislaw Matulewicz, docteur à la retraite, pour en apprendre plus sur son grand-père Eugène Lazowski, elle est loin de se douter du héros qu’il a été. Alors que le docteur se replonge dans ses souvenirs - des scènes qui prennent vie sur les planches tout au long de la pièce - il lui dévoile le subterfuge que lui et son ami ont mis en place en 1940 pour sauver leur village des griffes des nazis. Leur idée ? Inoculer le vaccin du typhus aux habitants de cette bourgade et faire croire à une épidémie qui mettra la commune en quarantaine. Oscillant entre ces deux époques, neuf comédiens de talent campent sur scène avec ingéniosité la vingtaine de protagonistes de ce récit, et embarquent le public dans une comédie d’aventure passionnante. A voir sans l'ombre d'un doute.

Les crapauds fous, jusqu’au 31 août, Théâtre des Béliers parisiens, Paris 18e. 

Les grands airs d'Opéra revisités avec une sacrée dose d'humour 

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©B. Richebé 

Après avoir séduit plus d’un million de spectateurs dans le monde, «Hop!éra» est de retour à Paris avec son spectacle burlesque sans paroles, qui revisite à coups de sketchs débridés les grands airs du répertoire lyrique, de «West side story» à «Carmen» en passant par le «Barbier de Séville». Inspirés par le mime, le cabaret, la danse et animés par une malicieuse imagination, les cinq comédiens exécutent une dizaine de saynètes aussi improbables les unes que les autres. Sur les planches, on y voit des lutins sur roulettes, des peintures qui prennent vie, une chorale à bout de souffle, mais aussi la vierge Marie qui interprète en live le célèbre «Ave Maria» de Schubert. Entre émotion et humour décapant, cette pièce ravira aussi bien les mélomanes que les néophytes. Un cocktail pétillant, sorte d'opéra bouffe du 21e siècle, à prendre au second degré. A noter que certaines scènes suggestives et dénudées peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes.

Hop!éra, jusqu’au 11 août, Théâtre Edouard VII, Paris 9e. 

 

Un braquage rocambolesque salué par un Molière en mai dernier

Molière de la meilleure comédie cette année, «Le gros diamant du Prince Ludwig» reprend du service cet été. Menée à 200 à l’heure par une troupe de onze comédiens tous complètement loufoques, cette histoire de braquage de banque orchestré par de vrais Pieds Nickelés vaut le détour.  Les personnages, du braqueur en cavale à sa girl friend infidèle, en passant par un flic frimeur ou un banquier hystérique, tous ont des contours savoureux. Le suspense et les décors sont dignes des studios d’Hollywood. La mise en scène multiplie les trouvailles techniques vraiment bluffantes et la musique est jouée en live. Bref, une vraie réussite qui manie rire, burlesque et surprises de main de maître. 

Le gros diamant du Prince Ludwig, du 19 juillet au 1erseptembre, Le Palace, Paris 9e

Trois nanas au top 

«Les Petites Reines», une pièce originale qui fait du bien. Adaptée du roman de Clémentine Beauvais, cette pièce portée par trois excellentes comédiennes s’installe avec son récit enjoué au théâtre Tristan Bernard pour l’été. Sur scène Mireille, Astrid et Hakima, élues sur Facebook Boudin d’or, d’argent et de bronze de leur lycée, enfourchent à nouveau leur vélo pour traverser la France et assister à la garde party de l’Elysée. Un parcours initiatique plein d’émotion, lui aussi nommé aux Molières 2018 mais dans la catégorie jeune public. A voir notamment avec ses ados. 

Les petites reines, jusqu’au 1er septembre, Théâtre Tristan Bernard, Paris 8e. 

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