Elle fait croire que sa maison est hantée...et finit au tribunal

Photo d'illustration.[CC/ Wikicommons.]

Une habitante d'Amnéville (Moselle) qui avait fait croire cet été que sa maison était hantée s'est retrouvée mercredi devant le tribunal pour "dénonciation mensongère".

 

Un expert-psychiatre a conclu à son irresponsabilité pénale en invoquant une fragilité mentale. Mais le ministère public a requis une contre-expertise, car le psychiatre qui a analysé la prévenue n'est autre que son médecin traitant.

Le tribunal correctionnel de Metz dira le 12 novembre s'il autorise cette contre-expertise ou s'il renonce aux poursuites.

 

La relaxe est-elle évidente ? 

Pour l'avocat de la prévenue, Me Thomas Hellenbrand, l'abandon des poursuites et la relaxe de sa cliente serait une évidence: "Est-il normal que les policiers enquêtent quand on affirme qu'on a un poltergeist chez soi? Si les policiers ont voulu y croire, ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes. Ils auraient dû se rendre compte bien plus tôt qu'il y avait un problème chez ma cliente".

Le regard vague, le dos voûté et tremblante de peur, Chantal Hachette, 57 ans, était présente à l'audience mais n'a pas eu un mot à dire.

Elle et son mari, retraité, sont "des gens très simples, quasi analphabètes" qui n'étaient pas capables de relire correctement leurs dépositions à la police, selon leur avocat, pointant ainsi des vices de procédure.

 

Un "esprit frappeur" féroce !

Téléviseur renversé, vitres et assiettes brisées, un fer à repasser volant, des statues à terre dans le jardin... Ce 20 août, "l'esprit frappeur" n'y était pas allé de main morte dans cette maison d'un quartier pavillonnaire d'habitude si tranquille.

En pleine torpeur estivale, avec des propriétaires paniqués, plusieurs pseudo-témoins et des policiers embarrassés, tous les ingrédients étaient réunis pour que les médias locaux se saisissent promptement de l'affaire, attirant dans leur sillage une foule de curieux, "chasseurs de fantômes" et autres spécialistes autoproclamés du paranormal.

 

La piste de l'intervention humaine

Mais trois semaines plus tard, l'enquête de police concluait à une intervention humaine. Et l'analyse d'une vidéo prise par un témoin avait notamment permis de voir dans un miroir le reflet de la propriétaire en train de lancer un objet.

Placée en garde à vue mi-septembre, Chantal Hachette, 57 ans, reconnaissait avoir saccagé elle-même la maison durant une crise de nerfs, tandis que son mari était mis hors de cause.

C'est pourtant lui qui avait porté plainte contre X pour dégradations volontaires. "Ce n'est même pas ma cliente qui a porté plainte. S'il y a un fantôme dans cette affaire, c'est le délit", selon Me Hellenbrand.

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