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Fashion Week de Paris 2025 : la maison Margiela organise la plus grande vente aux enchères de son histoire ce lundi

La vente aux enchères est ouverte à tous dès lundi 27 janvier. [© CNEWS]

La maison de haute couture Margiela met ce lundi aux enchères de nombreuses pièces importantes de son histoire, alors que la Fashion Week Homme de Paris prend fin. C’est la première fois que la maison réalise un évènement d'une telle ampleur depuis sa création.

Des archives à portée de main. La maison de haute couture Margiela, fondée en 1988 par Martin Margiela, met aux enchères plusieurs centaines de pièces ce lundi 27 janvier. 

Cette vente, nommée «Martin Margiela : The early years, 1988-94» est la plus importante jamais réalisée par la maison depuis sa création. 

Pas moins de 276 lots seront en vente dès 11h30. Les enchères sont organisées par Drouot, mais aussi Maurice Auction et Kerry Taylor Auction. La vente pourra être suivie en ligne, ou sur place, au 81 boulevard Voltaire à Paris (11e). Les pièces ont pu être découvertes dès le samedi 25 janvier à la même adresse. Les quelques 276 lots sont estimés entre 100 et 5.000 euros pour les pièces les plus délicates. 

Une collection riche en histoire 

L’ensemble de la collection provient de la famille italienne Picozzi. C'est en effet la collection personnelle d'Angela et Elena Picozzi, qui constitue la totalité des lots de la vente. Deux sœurs qui ont reçu l’héritage d’une mère passionnée, et au flair hors pair. Graziella Picozzi a ainsi été, dès les années 1980, un réel soutien pour le créateur belge Martin Margiela. 

Dès ses débuts, elle a conservé de nombreuses pièces comme des robes, des tailleurs ou des vestes iconiques des premières années de la maison. Mais aussi des classeurs de croquis contenants tous les dessins par saison et collections ou même des prototypes, des essais de modèles uniques jamais commercialisés comme ce pantalon. Certaines des pièces mises en vente méritent ainsi une place dans un musée, tandis que d’autres pourraient être portées pour les férues de mode et de pièces uniques. 

Certaines pièces sont uniques. © CNEWS

Les deux sœurs Picozzi ont détaillé leur choix dans un communiqué de presse : «Avec le temps, nous avons compris combien il est essentiel que le talent et la vision de Martin soient mis en valeur, étudiés, racontés et, pourquoi pas, portés. C’est pourquoi nous les mettons en vente aujourd’hui». Avant d'ajouter : «Nous pensons que le monde de la mode doit être à nouveau exposé aux premières esthétiques de Martin Margiela. Nous avons choisi de collaborer avec Kerry Taylor Auctions et Maurice Auction en raison de leur fiabilité et de leur passion pour la mode : il est essentiel pour nous que chaque vêtement soit traité avec soin et respect».

Les prémices d’une grande maison 

En quelques décennies, le créateur Martin Margiela a su imposer sa marque. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts d’Angers, il fut d'abord le collaborateur de Jean-Paul Gaultier, avant de fonder sa propre maison en 1988. Margiela a alors façonné la mode à sa façon : discrétion, avant-gardisme, recyclage, et rien de comparable avec un style existant. 

Dès ses premiers défilés, le couturier belge a imposé sa griffe, comme lors de sa toute première présentation, en 1989, au Café de la Gare à Paris. Des mannequins, au visage voilé, se présentaient devant un public assis dans le théâtre sur des linges blancs traçant leur parcours, avant de présenter la collection en marchant dans de la peinture rouge, dévoilant ainsi une paire de chaussures : les Tabi. Elles sont encore aujourd’hui une pièce tendance partout dans le monde. 

Margiela a su réinventer la mode, la surprendre et l’explorer. Encore aujourd’hui, certaines de ces collections font référence, comme l’Artisanal avec des pièces créés à la main dans l’atelier parisien, où encore la collection automne hiver 1997-1998 où le couturier avait créé des vêtements autour des célèbres mannequins «Stockman», aux effets visuels saisissants. Jusqu’en 2009, Martin Margiela a mené d’une main de maître sa maison avant de passer la main, vingt ans après la création de sa propre marque. Malgré de nombreux directeurs artistiques, la ligne stylistique instaurée par le couturier belge a toujours été respectée, ce qui rend cette maison aussi confidentielle qu'unique et authentique, encore aujourd'hui.

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