Heurts entre manifestants et policiers à Gafsa et à Tunis

Affrontements du 6 février 2013.[FETHI BELAID / AFP]

Des heurts ont éclaté jeudi 7 février entre des centaines de manifestants anti-islamistes et les forces de l'ordre dans la ville de Gafsa et dans la ville de Tunis, au lendemain de l'assassinat de l'opposant tunisien Chokri Belaïd. 

A Gafsa, les manifestants procédaient à des funérailles symboliques de Chokri Belaïd lorsqu'un coktail molotov a été jeté sur les policiers. Ces derniers ont répliqué par des tirs massifs de gaz lacrymogènes. Ces affrontements sont les premiers jeudi, après ceux de la veille à Tunis qui ont fait un mort dans les rangs de la police.

A Tunis, la police a également tiré des gaz lacrymogènes sur des centaines de manifestants lorsque ces derniers se sont approchés du ministère de l'Intérieur sur l'avenue habib Bourghiba. Des nuages de gaz étaient visibles sur toute l'avenue tandis que les forces de l'ordre pourchassaient à coup de matraques les manifestants dans les rues alentour.

Un important dispositif de sécurité avait été déployé dans la matinée par la police sur l'avenue, des bus, des camionnettes et des fourgons cellulaires ayant été postés en nombre et la circulation interdite le long du ministère de l'Intérieur.

 

Appel à la grève générale vendredi

Le principal syndicat tunisien, l'Union tunisienne générale du travail (UGTT), a appelé à une grève générale et à une "journée de deuil national" vendredi. La décision de ce syndicat fait suite à l'appel mercredi après-midi d'une alliance de partis d'opposition à une grève générale. 

Les avocat, les magistrats, les fonctionnaires du parquet et les syndicats d'enseignants ont également appelé à observer des grèves. 

 

Tensions politiques

Une partie de l'oppposition et la famille du défunt accusent Ennahda d'être responsable de cet assassinat, ce que les islamistes rejettent.

Les Tunisiens sont aussi dans l'attente concernant la formation d'un gouvernement de technocrates apolitiques annoncée mercredi soir par le Premier ministre et numéro 2 d'Ennahda, Hamadi Jebali. Des voix se sont cependant élevées dans le parti islamiste pour dénoncer cette annonce qui a été bien accueillie par l'opposition laïque.

"En ce qui nous concerne, notre pays a encore besoin d'un gouvernement politique de coalition sur la base des résultats des élections du 23 octobre 2013" remportées par Ennahda, a affirmé à la radio Shems-FM, Abdelhamid Jelassi du bureau exécutif du parti islamiste.

Selon M. Jelassi, le chef du gouvernement "n'a pas consulté" le bureau politique alors que le puissant dirigeant d'Ennahda, Rached Ghannouchi, ne s'est pas encore exprimé sur le sujet.

Le Premier ministre a négocié pendant des mois avec ses alliés laïques et l'opposition un remaniement du gouvernement alors que la frange radicale d'Ennahda refusait de confier les ministères régaliens à des personnalités indépendantes.

Les violences politiques et sociales se sont multipliées ces derniers mois face aux espoirs déçus de la révolte. La Tunisie est aussi déstabilisée par un essor de groupuscules jihadistes.

 

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