Gaz sarin : les quatre caractéristiques à retenir

Un homme équipé d'un masque à gaz et un jeune garçon courent dans une rue d'Alep, dans le nord de la Syrie, en mars 2013 [Bulent Kilic / AFP/Archives]

Alors que la question des armes chimiques en Syrie est l'objet des préoccupations internationales, Laurent Fabius a annoncé mardi 4 juin avoir des preuves de l'utilisation du gaz sarin à plusieurs reprises par l'armée de Bachar al-Assad. Le point sur cet agent neurotoxique mortel.

 

"La France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

 

Comment agit le gaz sarin ?

Considéré comme l'un des poisons les plus toxiques, le sarin est un puissant gaz neurotoxique mortel, inodore et invisible. Il peut être utilisé en aérosol mais peut également servir à empoisonner l'eau ou la nourriture.

Selon la Fédération des scientifiques américains, le gaz sarin pénètre par voie respiratoire ou par simple contact avec la peau et agit même à des doses infimes (la dose létale correspond à un demi-milligramme pour un adulte).

Il agit en bloquant la transmission de l'influx nerveux, provoquant la mort par arrêt cardio-respiratoire. Les victimes ressentent d'abord de violents maux de tête et présentent des pupilles dilatées. Elles sont ensuite agitées de convulsions, sont victimes d'arrêts respiratoires et tombent dans le coma avant de mourir.

 

Une arme de destruction massive (ADM)

Depuis le 3 avril 1991 et l'adoption de la résolution 687, le gaz sarin est considéré par l'Onu comme une arme de destruction massive. Aussi, la production et la conservation de ce gaz neurotoxique sont interdites depuis 1993 et les Etats étaient censés détruire leurs stocks avant 2007.

De même, la Convention internationale sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) en vigueur depuis 1997 interdit le développement, la production, la mise au point, l'acquisition, le stockage, la détention, le transfert et l'usage d'armes chimiques. Selon cette Convention, chaque État qui détient des armes chimiques et des installations de productions d'armes chimiques doit les déclarer et les détruire selon un calendrier précis. Mais, la Syrie n'y a jamais adhéré.

 

Une arme chimique qui a fait ses preuves

Le gaz sarin a été utilisé par la secte Aum à deux reprises : en juin 1994, huit habitants de la ville de Matsumoto avaient été tués et 200 autres blessés par son utilisation. Et le 20 mars 1995, des membres de cette même secte avaient percé des sacs remplis de sarin sous forme liquide, tuant 12 personnes et en intoxiquant plus de 6.000 autres.

Le gaz sarin a également été employé lors de la guerre Iran-Irak dans les années 1980.

 

Un gaz découvert en 1938

Le sarin avait été découvert par hasard en 1938 par des chimistes allemands qui travaillaient sur de nouveaux pesticides.

Il tient son nom de ses inventeurs : Schrader, Ambros, Rüdiger et Van del Linde. 

 

Ces armes chimiques et biologiques que détiendraient la Syrie

 

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