Yémen : 21 morts ce weekend dans des heurts

Des hommes de tribus yéménites rassemblés en conseil tribal à Sanaa le 14 août  2014, pour discuter des attaques d'Al-Qaeda et demander au gouvernement de renforcer sa lutte contre ces rebelles   [Mohammed Huwais / AFP] Des hommes de tribus yéménites rassemblés en conseil tribal à Sanaa le 14 août 2014, pour discuter des attaques d'Al-Qaeda et demander au gouvernement de renforcer sa lutte contre ces rebelles [Mohammed Huwais / AFP]

Vingt-et-une personnes ont été tuées dans des affrontements armés qui ont opposé ce week-end des rebelles chiites à des hommes de tribus dans le nord du Yémen, ont indiqué dimanche des sources tribales.

Les accrochages, qui se poursuivaient par intermittence depuis vendredi soir, se sont concentrés dans la région de Majzar, à cheval entre les provinces d'Al-Jawf (nord) et de Marib, au sud-est de Sanaa, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Ils mettaient aux prises les rebelles d'Ansaruallah, dits houthis, à des milices tribales pro-gouvernementales mises en place récemment dans les provinces de Marib, d'Al-Jawf, de Baïda (centre) et de Chabwa (sud) pour "freiner l'avancée vers Sanaa des rebelles", a déclaré à l'AFP un dignitaire tribal.

Les tribus alliées "veulent empêcher les houthis de prendre le contrôle de la route reliant Sanaa à Marib", une province riche en pétrole, "et par laquelle transitent les approvisionnements de la capitale en carburant", a expliqué ce dignitaire qui a requis l'anonymat.

La province d'Al-Jawf est, depuis des mois, le théâtre de combats intermittents entre des tribus, soutenues par l'armée, et les rebelles chiites, dont des milices armées ont établi ces dernières semaines des campements autour de Sanaa alors que leurs partisans civils observent un sit-in dans le centre de la capitale.

Les insurgés d'Ansaruallah exigent l'éviction du gouvernement jugé "corrompu", l'annulation d'une récente augmentation des prix du carburant et un partenariat politique élargi.

Malgré l'annonce le 24 août de l'échec des négociations sur une sortie de crise, menées par une délégation présidentielle dépêchée auprès du chef rebelle Abdel Malek al-Houthi dans son fief à Saada (nord), "les contacts ne sont pas rompus" entre les deux parties, a indiqué dimanche à l'AFP un responsable yéménite.

Des partisans des rebelles chiites Zaidi rassemblés pour la prière du vendredi avant une manifestation chiite appelant le gouvernement yéménite à démissionner le 29 août 2014 à Sanaa [Mohammed Huwais / AFP/Archives]
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Des partisans des rebelles chiites Zaidi rassemblés pour la prière du vendredi avant une manifestation chiite appelant le gouvernement yéménite à démissionner le 29 août 2014 à Sanaa

"La délégation présidentielle a des propositions à soumettre aux houthis" pour désamorcer la crise, a-t-il ajouté, citant notamment "la formation d'un gouvernement d'union nationale, une révision des prix du carburant et la mise en place d'un mécanisme" pour poursuivre la transition politique dans le pays.

Les rebelles chiites, qui ont multiplié depuis début mars les attaques contre l'armée, sont soupçonnés de vouloir élargir leur zone d'influence dans le futur Etat fédéral qui doit compter six provinces.

Vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé les rebelles à cesser les actions armées qu'ils mènent contre le gouvernement dans le nord du pays, brandissant la menace de sanctions.

 

 

 

 

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