Russie, Ukraine et UE trouvent une issue provisoire au conflit gazier

L'Ukraine, la Russie et l'Union européenne sont parvenus à un accord sur la livraison de gaz russe. [ANDREY SINITSIN / AFP]

L'Ukraine, la Russie et l'Union européenne ont trouvé jeudi soir à Bruxelles une issue provisoire au contentieux sur la livraison de gaz russe, qui sécurise l'approvisionnement de l'Ukraine, mais aussi de l'Europe, pour l'hiver.

 

"La responsabilité politique, la logique de coopération et le simple bon sens économique ont prévalu", a affirmé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, au cours d'une conférence de presse.

"C'est un pas important pour notre sécurité énergétique", a-t-il dit, ajoutant qu'il n'y avait "aucune raison pour que les gens aient froid cet hiver en Europe", dont une majorité de ses importations de gaz russe transitent par l'Ukraine.

A l'issue de deux jours d'intenses négociations, l'accord sur la reprise des livraisons interrompues en juin a été signé par les ministres de l'Energie des deux pays, le Russe Alexander Novak et l'Ukrainien Iouri Prodan, et par le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger. Un "addendum" au contrat entre les groupes gaziers russe Gazprom et ukrainien Naftogaz a ensuite été paraphé par les patrons des deux compagnies, Alexeï Miller et Andriy Kobolev.

Les accords portent sur l'apurement des impayés de l'Ukraine, et sur les modalités de paiement des livraisons jusqu'en mars 2015. Le règlement d'une dette de 3,1 milliards de dollars se fera en deux tranches, une première de 1,45 milliard de dollars immédiatement, l'autre de 1,65 milliard d'ici la fin de l'année. Les Russes évaluent le total des arriérés à 5,3 milliards de dollars, mais acceptent de s'en remettre à une cour d'arbitrage pour les quelque 2,2 milliards restants.

Élément crucial du compromis, un prix de "moins de 385 dollars les 1.000 m3" a été fixé pour toute la durée de l'accord intérimaire. Le paiement s'effectuera à l'avance mois par mois. M. Oettinger a affirmé que Naftogaz pourrait puiser dans "ses propres revenus" pour payer ses consommations à venir.

L'UE ne s'est pas formellement portée garante des engagements financiers de Kiev. Mais les aides substantielles de l'UE -qui a lancé deux programmes de soutien macro-économique pour 1,6 milliard d'euros au printemps dont 600 millions ont déjà été déboursés- et du Fonds monétaire international, qui a promis en avril de prêter 17 milliards de dollars, vont aider Kiev à régler notamment la dette, a assuré M. Oettinger. "Nous avons les financements nécessaires pour payer", a confirmé M. Prodan alors que l'Ukraine a besoin de 4 milliards de m3 d'ici la fin de l'année.

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