Indonésie : un Français risque d'être exécuté

Serge Atlaoui en 2010.[BAY ISMOYO / AFP]

L'épouse du Français Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue et qui a vu sa demande de grâce récemment rejetée, a évoqué mercredi sa "peur" d'une prochaine exécution, tout en disant vouloir se "battre" pour éviter une telle issue.

 

"Aujourd'hui, il est sur le qui-vive, derrière une porte, à se demander quand on va venir le chercher. C'est du stress, c'est du manque de sommeil, c'est la peur perpétuelle", a confié Sabine Atlaoui, lors d'une rencontre avec la presse, dans les locaux de l'association Ensemble contre la peine de mort.

Il a une "épée de Damoclès au-dessus de sa tête", qui "nous place dans une situation d'urgence". "Il a peur de ne plus revoir ses enfants, de ne plus me revoir", a poursuivi cette mère de famille, qui dit pourtant vouloir "garder espoir".

 

Arrêté dans un laboratoire clandestin

Serge Atlaoui, un Français de 51 ans originaire de Metz, avait été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy, à Tangerang, ville de la banlieue de Jakarta. Il a été condamné en 2007 à la peine capitale pour trafic de drogue.

Incarcéré en Indonésie depuis dix ans, il s'est toujours défendu d'être un trafiquant, affirmant être parti dans ce pays pour une courte période, afin d'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique.

"On était une famille normale. Je travaillais dans une chambre d'hôtel, lui travaillait du lundi au dimanche pour essayer de monter son entreprise. Et du jour au lendemain, notre vie a basculé dans un cauchemar", raconte Mme Atlaoui, convaincue de l'"innocence" de son mari.

 

Tentative de la dernière chance

Le Français a vu récemment sa demande de grâce rejetée par le président de la République indonésienne. Son nom a été cité à plusieurs reprises dans les médias locaux parmi les étrangers condamnés à mort qui pourraient être bientôt exécutés.

Les avocats de Serge Atloui ont déposé mardi dernier une demande en révision du procès, auprès du tribunal de Tangerang. Cette procédure, en théorie non suspensive, s'apparente à une tentative de la dernière chance.

"Nous espérons très sincèrement que la justice indonésienne acceptera de réexaminer ce dossier car alors, c'est certain, elle sera convaincue que son rôle n'est pas du tout le rôle pour lequel il a été condamné", souligne Me Richard Sedillot.

Des dizaines d'Indonésiens et d'étrangers condamnés à la peine capitale pour des affaires de stupéfiants sont dans le "couloir de la mort" en Indonésie, un pays dont la législation en la matière est l'une des plus sévères au monde.

 

Six exécutions le 18 janvier

Six condamnés, parmi lesquels cinq étrangers, ont été exécutés par balle le 18 janvier. Il s'agissait des premières exécutions depuis l'arrivée au pouvoir en octobre du président Joko Widodo. Ce dernier avait déclaré peu après sa prise de fonction qu'il n'y aurait "pas de grâce" pour les affaires de drogue.

Le ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, devait se rendre en Indonésie cette semaine pour plaider en faveur d'une suspension de la procédure, avant de reporter le voyage en raison de la crise ukrainienne, selon Me Sedillot.

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