Australiens condamnés à mort : l'Indonésie donne "du temps" aux familles

Andrew Chan et Myuran Sukumaran en 2006 après leurs procès.[©JewelSamad/AFP]

Le transfèrement dans une prison de haute sécurité de deux Australiens, condamnés à mort en Indonésie pour trafic de drogue, a été différé pour leur permettre de voir plus longtemps leurs familles mais leur exécution aura bien lieu, a rapporté mardi la presse australienne.

 

"Nous voulons que les familles puissent voir Myuran et Andrew, nous leur donnons plus de temps avec les condamnés. Cela ne retarde pas les exécutions, il s'agit simplement de donner un peu de temps" aux familles, a déclaré le ministre de la Justice, H.M. Prasetyo, au Sydney Morning Herald.

Andrew Chan, 31 ans, et Myuran Sukumaran, 33 ans, deux Australiens qui sont dans le couloir de la mort depuis 2006, ont été condamnés pour avoir dirigé un réseau de trafiquants d'héroïne entre l'île touristique de Bali et l'Australie.

 

Transfert dans l'"Alcatraz indonésien" 

Actuellement incarcérés à Bali, ils doivent être transférés vers l'un des établissements de haute sécurité disséminés entre jungle et plages désertes sur l'île de Nusakambangan, surnommée l'"Alcatraz indonésien" (sud-est de Java), en vue de leur prochaine exécution.

Plusieurs autres étrangers originaires du Brésil, du Ghana, du Nigeria, des Philippines et de France, et dont les appels à la clémence ont été rejetés, sont aussi dans les couloirs de la mort et doivent être transférés prochainement dans cette prison.

 

L’Australie tente de négocier

M. Prasetyo ignore combien de temps sera accordé aux familles pour voir les condamnés et il a réaffirmé que la date de leur exécution n'avait pas été fixée. "Ce n'est pas quelque chose de facile. Ce n'est pas drôle mais c'est ce que nous devons faire. La loi stipule qu'ils doivent être exécutés si le président rejette les appels à la clémence".

L'Australie a exhorté l'Indonésie - qui a déjà exécuté le mois dernier six trafiquants dont cinq étrangers, suscitant la réprobation des pays concernés - à ne pas fusiller ses deux ressortissants, d'autant que d'ultimes recours juridiques sont encore à l'examen.

Le Premier ministre australien, Tony Abbott, avait promis lundi de mettre en œuvre tous les moyens légaux pour éviter aux deux ressortissants de son pays d'être exécutés.

 

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