Crainte d'une crise humanitaire au lac Tchad

Le CICR distribue aux personnes déplacées des vivres et des articles ménagers de première nécessité et aide les structures médicales à faire face à l'afflux de blessés.[SIA KAMBOU / AFP]

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est inquiété mardi d'une "crise humanitaire généralisée" dans la région du lac Tchad, où des centaines de milliers de déplacés ont fui les attaques du groupe islamiste nigérian Boko Haram.

 

"La violence qui sévit au Nigéria tue et force des centaines de milliers de personnes à fuir leur pays. De plus, elle déborde dans les pays voisins, le Tchad, le Niger et le Cameroun, où la situation humanitaire se détériore également", a indiqué le CICR dans un communiqué.

"Nous sommes témoins d'une crise humanitaire généralisée non seulement au Nigeria, mais aussi dans les pays voisins", a déclaré un porte-parole du CICR à Genève, Jean-Yves Clémenzo, lors d'une conférence de presse. "La situation est très très difficile", a-t-il averti.

 

1,5 million de déplacés

Boko Haram opère depuis 2009 au Nigeria, où l'insurrection et sa répression ont fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés."Beaucoup de ces personnes fuient leurs foyers avec presque rien. Ils sont à la recherche de leurs proches", a expliqué M. Clemenzo.

"En conséquence, le CICR et les sociétés nationales ont intensifié leurs réponses" face aux besoins croissants, a-t-il dit. Le CICR distribue aux personnes déplacées des vivres et des articles ménagers de première nécessité et aide les structures médicales à faire face à l'afflux de blessés.

 

Des grande villes refuges

Au fil du conflit, des centaines de milliers de Nigérians, chassés par les tueries des islamistes, ont trouvé refuge dans les grandes villes du nord-est du Nigeria mieux protégées que les campagnes par les forces de sécurité, comme Maiduguri (la population y a doublé en quelques mois pour atteindre deux millions d'habitants), Yola et Gombe. Certains se sont installées dans des écoles, des bâtiments publics ou des camps de déplacés dans des conditions souvent misérables, d'autres séjournent chez des proches et des familles d'accueil.

L'armée nigériane, aidée par une intervention militaire du Tchad, du Cameroun et du Niger voisins sur leur frontière commune, a réussi récemment à reprendre un certain nombre de localités aux islamistes dans le Nord-Est.

Les violences islamistes n'ont pas cessé pour autant: chassé de ses fiefs, Boko Haram a multiplié les attentats dans les grandes villes et les massacres dans les régions plus reculées ces dernières semaines.

Le groupe islamiste s'était emparé de pans entiers de territoires dans le Nord-Est ces six derniers mois, et y avait annoncé l'instauration d'un ""califat".

 

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