Nucléaire iranien : un accord historique

L'annonce de cet accord se fait attendre depuis 21 mois.[US STATE DEPARTMENT / AFP]

L'Iran et les grandes puissances sont parvenus à finaliser mardi à Vienne un accord historique sur le nucléaire iranien.

 

Cette annonce intervient au terme de 21 mois de négociations et d'un round final de plus de 17 jours de négociations acharnées pour solder un dossier qui empoisonne les relations internationales depuis douze ans. La "réunion plénière finale de l'E3/UE3 et de l'Iran a eu lieu à 10H30 (08H30 GMT) à l'ONU" à Vienne, a indiqué la porte-parole de l'UE, Catherine Ray, sur son compte Twitter, utilisant la désignation européenne du groupe P5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne). L'objectif de l'accord est de garantir que le programme nucléaire iranien ne peut avoir de débouchés militaires, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie du pays.

La résolution destinée à valider l'accord devrait être présentée au Conseil de sécurité de l'ONU "dès la semaine prochaine", a indiqué un responsable américain. "Nous introduirons, probablement dès la semaine prochaine, une résolution soutenue par le P5 et nos collègues allemands", a affirmé ce responsable sous couvert d'anonymat.

 

Accord salué

Partout dans le monde, l'accord a été salué. Vladimir Poutine a ainsi affirmé que le monde accueillait l'accord "avec un grand soupir de soulagement" quand Londres saluait un "accord historique". Laurent Fabius s'est de son côté réjoui de cette issue, affirmant qu'elle pourrait permettre de normaliser les relations entre l'Iran et le monde. Barack Obama, dont l'intervention a été retransmise à la télévision iranienne, a lui aussi réagi, déclarant que l'accord démontrait l'efficacité de la diplomatie et qu'il s'agissait d'une chance à saisir.

Le Premier ministre israélien Benjamin Nethanyahu, que Barack Obama va appeler, s'est de son côté montré insatisfait de l'accord qu'il a qualifié d'"erreur historique". Le président de la Chambre des représentants américaine, le Républicain John Boehner, a, lui, affirmé que l'accord donnerait "à l'Iran des milliards en allégement de sanctions tout en lui donnant le temps et l'espace pour atteindre le seuil de capacité de production d'une bombe nucléaire, sans tricher"

 

Intense activité diplomatique

La nuit de lundi a mardi a été marquée par une intense activité diplomatique au palais Coburg, qui abrite les négociations depuis le 27 juin. A minuit, les ministres des grandes puissances ont encore participé à une réunion plénière, juste après un nouvel échange entre l'Américain John Kerry et le Russe Sergueï Lavrov, principaux artisans du futur accord. Officiellement, toutefois, rien n'est encore formellement conclu. Les négociateurs ont bataillé jusqu'à la dernière minute pour résoudre de derniers "points de désaccord", selon les termes de Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama.

Depuis le week-end, tous les acteurs assuraient que l'accord était quasi bouclé mais que des "décisions politiques" restaient nécessaires."Aucun accord ne peut être parfait", a rappelé le ministre chinois Wang Yi, revenu spécialement dans la capitale autrichienne, pour les dernières heures de la négociation aux côtés de l'ensemble de ses homologues. L'accord, s'il est confirmé, se sera fait attendre : il était initialement prévu pour le 30 juin, mais cette date a été repoussée à plusieurs reprise en raison de l'importance des enjeux.

 

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