Attentat de Bangkok : le suspect refuse de coopérer

Une voiture de l'armée transporte un suspect dans l'enquête sur l'attentat de Bangkok qui a fait vingt morts, le 29 août 2015 à Bangkok en Thaïlande [Christophe Archambault / AFP] Une voiture de l'armée transporte un suspect dans l'enquête sur l'attentat de Bangkok qui a fait vingt morts, le 29 août 2015 à Bangkok en Thaïlande [Christophe Archambault / AFP]

Le suspect interpellé samedi dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Bangkok refuse de coopérer, a annoncé l'armée dimanche, la police avançant la piste d'un réseau fournissant des passeports aux migrants illégaux souhaitant se venger de la politique répressive de la junte contre eux.

 

"L'interrogatoire ne progresse pas car le suspect ne nous donne pas vraiment d'informations utiles", a déclaré à l'AFP le chef de l'armée, le général Udomdej Sitabutr.

L'armée est chargée depuis samedi soir de son interrogatoire, mené dans une enceinte militaire dont le lieu n'a pas été precisé.

"Nous devons encore l'interroger et nous faire mieux comprendre, de façon à ce qu'il soit plus coopératif, tout en faisant attention à ne pas violer les droits du suspect", a ajouté le chef de l'armée.

Le général Udomdej a ajouté que les autorités étaient désormais "sûres à 100% de son implication" dans l'attentat qui a fait 20 morts et plus de 120 blessés en plein centre de Bangkok le 17 août.

Des soldats thaïlandais inspectent les lieux de l'explosion d'une bombe qui a fait au moins dix morts près d'un sanctuaire d'Erawan au centre de Bangkok, le 17 août 2015 [PORNCHAI KITTIWONGSAKUL / AFP]
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Des soldats thaïlandais inspectent les lieux de l'explosion d'une bombe qui a fait au moins dix morts près d'un sanctuaire d'Erawan au centre de Bangkok, le 17 août 2015
 

 

La police avait annoncé la veille qu'une chemise portant des traces de TNT faisait partie des objets saisis, ainsi que des roulements à bille similaires à ceux utilisés dans la bombe ayant visé le sanctuaire hindouiste d'Erawan, visité par de nombreux touristes chinois.

Treize jours après l'explosion, cette arrestation pourrait permettre de lever le mystère de cet attentat non revendiqué, d'une ampleur inédite en Thaïlande.

Le porte-parole de la police, Prawut Thavornsiri, a affirmé dimanche que le suspect faisait partie d'un groupe de trafiquants d'êtres humains, spécialisé dans la fabrications de faux-passeports. "Ils ne sont pas contents des arrestations de migrants illégaux par la police", a-t-il déclaré dans une interview à la troisième chaîne de télévision, sans préciser d'où il tenait cette nouvelle piste, en l'absence de coopération du suspect.

Jusqu'ici, la police thaïlandaise a multiplié les déclarations parfois contradictoires et mystérieuses: le chef de la police nationale, Somyot Poompanmoung, évoquait samedi soir "une querelle privée", disant "peu probable qu'il s'agisse d'un terroriste international".

Le suspect "avait plus de 200 faux passeports" lors de son arrestation, "c'est un réseau qui crée de fausses identités" et aide des migrants illégaux à transiter "vers des pays tiers", a affirmé le porte-parole de la police dimanche.

La police et la junte ont à plusieurs reprises exclu la possibilité que l'attaque soit le fait d'un groupe terroriste international, mais certaines de leurs déclarations ont ensuite semblé moins affirmatives.

 

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