Elizabeth II : un règne record

Le 9 septembre, Elizabeth II sera officiellement le monarque britannique a avoir régné le plus longtemps. [Robert Michael/AFP]

Elizabeth II a battu ce mercredi à 18h30 le record de longévité d’un monarque britannique, avec plus de soixante-trois ans.

 

Cette année-là, en 1952, "Mon manège à moi" était le tube de l’année, Hirohito était empereur du Japon… Et la jeune Elizabeth Alexandra Mary de Windsor montait sur le trône d’Angleterre, devenant ainsi Elizabeth II. Soixante-trois ans, sept mois et 2 jours plus tard, elle a battu ce mercredi le record de longévité de sa trisaïeule, la reine Victoria (1837-1901).

Pourtant la Queen n'a pas prévu de grande cérémonie. A la place, elle s'est rendue en Ecosse pour inaugurer une ligne de chemin de fer. Au côté de la Première ministre d'Ecosse, elle a expliqué qu'elle n'avait nullement "aspiré" à ce règne record. "Inévitablement une longue vie passe par de nombreuses étapes ; la mienne n'y fait pas exception mais je vous remercie tous ici et à l'étranger pour vos messages touchants", a-t-elle ajouté.

 

 

Pourtant, bien plus qu’une simple souveraine, Elizabeth II est un véritable symbole. Car pour les Britanniques, la monarchie représente l’autorité morale, la garante des traditions, la stabilité constitutionnelle. Des valeurs qu’Elizabeth II incarne à merveille. "Elle est un rocher dans la tempête, un repère auquel la population peut s’accrocher quand ca ne va pas", explique le spécialiste des têtes couronnées Stéphane Bern.

 

 

Elle a résisté aux secousses politiques et familiales

Elle qui, malgré une cohabitation avec douze Premiers Ministres différents, a toujours pris soin de ne pas interférer dans la politique du Royaume, ne serait-ce qu’en donnant son avis. Une réserve également présente dans la sphère privée. Dans les années 1980, elle devient la première reine a subir la "peopolisation". La famille royale est alors sous le feu des projecteurs pour les frasques de ses membres, mais aussi pour son train de vie jugé déplacé face aux difficultés économiques du pays. Des problématiques qui vont porter atteinte à l’image de la Monarchie et, dans une moindre mesure, à la sienne, mais dont elle saura se relever grâce à une rigueur (budgétaire et comportementale) toute britannique.

Résultat, Elizabeth II est devenue une icône quasi intouchable pour tout un peuple. Elle a même été désignée monarque préféré des Britanniques dans un sondage paru dimanche dernier. Avec 27 % des voix, elle devance largement les reines Elizabeth I (13 %) et Victoria (12 %). "Les gens se reconnaissent en elle, estime Stéphane Bern pour expliquer ce succès. C’est une femme ordinaire, placée sur un piédestal qui la rend extraordinaire." Mais cette popularité risque toutefois d’être un fardeau pour son successeur.

 

 

Une succession en question

Héritier désigné, son fils aîné, Charles, souffre déjà de la comparaison avec sa mère. Le Prince de Galles, âgé de 66 ans, est jugé trop volubile par certains. Plus consensuel et conservateur que son père, le Prince William est le membre de la famille royale qui se rapproche le plus du style d’Elizabeth II. C’est également celui que les Britanniques souhaiteraient voir lui succéder directement. Une succession que «Sa Majesté» refuse toutefois d’aborder. Et au vu de sa santé éclatante, cette question risque de rester encore longtemps sans réponse.

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