Daesh progresse de façon "très importante" dans la région d'Alep

Jean-Yves Le Drian à l'Assemblée nationale le 29 juin 2015 [MARTIN BUREAU / AFP/Archives] Jean-Yves Le Drian à l'Assemblée nationale le 29 juin 2015 [MARTIN BUREAU / AFP/Archives]

Le groupe jihadiste Etat islamique progresse de manière "très importante" en Syrie et mène une offensive contre Marea, tenue par l'Armée syrienne libre au nord d'Alep, a déclaré mardi le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

 

S'exprimant lors d'un débat au Parlement sur l'engagement militaire de la France en Syrie, M. Le Drian a expliqué "les raisons" du "changement d'appréciation" de Paris, qui a décidé la semaine dernière de mener des vols de reconnaissance en vue de frappes contre les jihadistes de l'EI. Jusqu'alors, les frappes et les vols français étaient strictement limités au territoire irakien. M. Le Drian a notamment insisté sur "la progression très importante de Daesh en Syrie", en particulier dans la région septentrionale d'Alep.

"Sur la petite ville de Marea (à une vingtaine de kilomètres au nord d'Alep, ndlr), il y a une offensive extrêmement forte qui, si elle l'emportait, réduirait à néant ce que l'on appelle encore l'Armée syrienne libre ou ce qu'il en reste", a souligné le ministre français. La "volonté affichée" de Daesh de "rompre l'axe Damas-Homs", ville située à 100 km au nord de la capitale syrienne, "mettrait en difficulté très forte le Liban", si elle aboutissait, a également relevé M. Le Drian.

 

Des menaces à la sécurité nationale

Deuxième justification au changement de stratégie de la France, déjà avancée par le président François Hollande: des "menaces à la sécurité nationale (...), conçues depuis la Syrie". Enfin, le fait que des frappes contre Daech en Syrie ne permettront pas "de renforcer par ailleurs Bachar el Assad", a estimé le ministre de la Défense.

Paris réclame de longue date le départ du président syrien, accusé d'être à la source du chaos dans son pays, et avait jusqu'à présent estimé que des frappes contre l'EI en Syrie pourraient jouer en faveur de Bachar el Assad. Plus de 240.000 personnes ont péri et des millions d'autres ont fui leurs foyers depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011. Celui-ci a été déclenché par la répression de manifestations antigouvernementales pacifiques, qui ont dégénéré en révolte armée puis en guerre civile.

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