François, pape et diplomate

Le Pape François espère rapprocher encore Cuba et les Etats-Unis.[RODRIGO ARANGUA / AFP]

A Cuba et aux Etats-Unis, deux pays qu'il a aidé à se réconcilier, le pape revêt son double costume de diplomate et de chef religieux

 

«Le monde a besoin de réconciliation.» Pour son premier discours à Cuba, samedi, à peine arrivé à l’aéroport, le pape François a affiché la couleur de son voyage qui le mènera  jusqu’au 28 septembre de La Havane à Philadelphie, en passant par Washington et New York. Dix jours de visites, plus de vingt discours prononcés, mais toujours le même objectif de rapprocher les peuples. Un objectif que le pape a déjà atteint en étant un des artisans du rétablissement des relations entre Cubains et Américains, et qu’il illustre à merveille en mêlant les deux pays au sein du même voyage.

«Que Cuba avec tout son magnifique potentiel s’ouvre au monde et que le monde s’ouvre à Cuba.» Lorsque le pape Jean-Paul II a lancé cet appel en 1998, il ne se doutait pas que celui-ci serait exaucé un peu plus de quinze ans plus tard. Et François, un de ses successeurs au Saint-Siège, est pour beaucoup dans cette ouverture. Dès le mois de mars 2014, le souverain pontife avait en effet évoqué avec Barack Obama le gel des relations américano-cubaines. Il avait ensuite appelé, par courrier, le président américain et son homologue cubain Raul Castro «à résoudre les questions humanitaires d’intérêt commun […] afin de lancer une nouvelle phase dans les rapports entre les deux parties».

Enfin, des délégations des deux pays s’étaient retrouvées en octobre au Vatican pour finaliser les détails de la normalisation, qui allait être officialisée quelques semaines plus tard. Et si Raul Castro a profité de la venue du pape pour rappeler que tout n’était pas encore réglé (l’embargo américain est toujours en place), le pape François, qui a rencontré ce dimanche Fidel Castro, a fait savoir que l’«espérance» était de mise. Un discours qu’on peut s’attendre à retrouver jeudi face au Congrès américain, dont de nombreux membres regrettent ce rapprochement.

 

Chef religieux avant d’être chef d’Etat, François profite également de ce voyage pour réconcilier les peuples avec le catholicisme.  Car si Cuba est majoritairement catholique (malgré des années d’athéisme forcé sous Fidel Castro), comme dans toute l’Amérique latine les Eglises évangéliques y gagnent du terrain. La place des religions afro-cubaines, en particulier la Santería, est également très importante. Aux Etats-Unis, les protestants restent toujours plus nombreux que les catholiques (47 % contre 21 % selon une étude de 2014). Mais l’immigration venue des pays hispaniques renforce chaque année la vigueur du catholicisme. Si bien que mercredi, à New York, François célébrera la messe en espagnol et non en anglais. Comme un nouveau pont entre les civilisations. 

 

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