Etats-Unis : la mort d'un juge de la Cour suprême provoque une bataille entre Obama et le Congrès

Le juge à la Cour suprême Antonin Scalia, le 5 octobre 2011 à Washington [JEWEL SAMAD / AFP/Archives] Le juge à la Cour suprême Antonin Scalia, le 5 octobre 2011 à Washington [JEWEL SAMAD / AFP/Archives]

Un juge conservateur de la Cour suprême des Etats-Unis, Antonin Scalia, opposé à l'avortement et partisan de la peine de mort, est décédé samedi à 79 ans, laissant augurer une bataille entre le président démocrate Barack Obama et le Congrès républicain pour lui trouver un successeur.

La disparition du juge Scalia, un catholique traditionaliste nommé il y a 30 ans par le président républicain de l'époque Ronald Reagan, risque de peser sur une campagne qui bat déjà son plein pour l'élection présidentielle du 8 novembre, à moins d'un an du départ de M. Obama le 20 janvier 2017.

La plus haute instance judiciaire des Etats-Unis est un pilier des institutions américaines, avec l'exécutif et le Congrès, et se compose de neuf sages nommés à vie dont l'équilibre penche actuellement en faveur des conservateurs (cinq juges contre quatre considérés comme progressistes).

Peu après l'annonce par plusieurs responsables républicains du décès du juge, "le président (Obama) et la Première dame ont présenté leurs plus sincères condoléances à la famille Scalia", selon un communiqué sobre de la Maison Blanche, qui a promis d'en dire davantage samedi soir. Côté républicain, les hommages laudateurs se sont multipliés.

Il était "l'un des meilleurs de tous les temps", s'est exclamé dans un communiqué Donald Trump, le favori pour l'investiture républicaine en vue de l'élection présidentielle.

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"Le juge Scalia était un héros américain. Nous lui devons, ainsi qu'à la Nation, que le Sénat fasse en sorte que le prochain président nomme son successeur", a tweeté le sénateur républicain du Texas Ted Cruz, candidat ultraconservateur pour la présidentielle.

"Le juge Antonin Scalia était un homme de Dieu, un patriote et un inébranlable défenseur de la Constitution et de l'Etat de droit", avait salué, le premier, Greg Abbott, le gouverneur du Texas, l'Etat d'origine de M. Scalia.

Le juge avait été nommé en 1986 par le président Reagan pour siéger à la plus haute instance judiciaire américaine. Il était réputé pour son interprétation littérale de la Constitution des Etats-Unis.

"Zéro chance pour Obama"

Le processus pour nommer et confirmer un nouveau juge risque d'être très compliqué à moins d'un an de la fin du mandat du président démocrate Obama, face à un Congrès contrôlé par les républicains. C'est le président des Etats-Unis qui nomme à vie les neuf juges de la Cour suprême et il revient au Sénat de confirmer ces nominations.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell a aussitôt prévenu que ce serait au prochain président américain de nommer un successeur au juge Scalia.

"Le peuple américain doit avoir son mot à dire dans le choix du prochain juge de la Cour suprême", a écrit le dirigeant républicain dans un communiqué, en allusion à la présidentielle.

"Cette vacance ne doit pas être remplie avant que nous n'ayons un nouveau président" à la Maison Blanche, le 20 janvier 2017, a insisté M. McConnell.

"Qu'est-ce qui fait moins de zéro ? Les chances qu'Obama nomme avec succès un juge à la Cour suprême pour remplacer Scalia", a commenté un porte-parole du sénateur républicain Mike Lee.

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M. Scalia, un catholique traditionaliste d'origine italienne, était le juge qui siégeait depuis le plus longtemps à la Cour suprême composée de neuf juges, dont quatre sages considérés comme des conservateurs (John Roberts, Antonin Scalia, Clarence Thomas et Samuel Alito). Un cinquième, le juge Anthony Kennedy, est aussi vu comme un conservateur mais il prend parfois position aux côtés des quatre autres juges considérés comme progressistes.

Durant trois décennies, le juge Scalia a incarné à la Cour suprême les thèmes les plus chers de l'Amérique conservatrice, que ce soit en matière de famille, de religion, de patriotisme ou de maintien de l'ordre. Convaincu de la constitutionnalité de la peine de mort et défenseur de la détention d'armes individuelles, M. Scalia était ouvertement opposé à l'avortement, à l'union homosexuelle et à la discrimination positive.

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