Daesh envoie des SMS de propagande aux jeunes de Molenbeek

"Nous devons agir le plus vite possible pour immuniser nos enfants contre la propagande de Daesh", alerte un imam de Molenbeek. "Nous devons agir le plus vite possible pour immuniser nos enfants contre la propagande de Daesh", alerte un imam de Molenbeek. [EMMANUEL DUNAND / AFP]

Peu après les attentats de Bruxelles, des jeunes de la commune belge de Molenbeek, dont sont issus la majorité des terroristes, ont reçu en masse des SMS de propagande envoyés par Daesh.

"Mes frères, pourquoi ne pas nous rejoindre pour combattre les Occidentaux ? Faites les bons choix dans votre vie" : tel était le message - écrit en français - qui s'affichait sur leur téléphone, le dimanche 27 mars au soir, a rapporté depuis Bruxelles un journaliste du Guardian, qui a pu lire le texto.

Les SMS en question sont intraçables car envoyés depuis une carte prépayée, qui peut être achetée de façon anonyme en Belgique. Selon des militants de la communauté de Molenbeek, des responsables de Daesh auraient obtenu les numéros des destinataires en téléchargeant tous les contacts (des téléphones) de leurs nouvelles recrues et sélectionné les jeunes hommes d'origine nord-africaine.

Un "cancer" idéologique nommé Daesh

Ces messages de propagande ont notamment fait monter au créneau le député belge Jamal Ikazban, qui craint que la mouvance islamiste cherche à relancer le recrutement des jeunes des quartiers défavorisés en profitant des crispations du contexte post-attentats. "C'est comme avoir un dealer de drogues devant les portes de nos écoles (...) Ce sont des prédateurs et nos jeunes en sont les victimes", a alerté l'élu.

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Jamal Zaria, imam de la mosquée Arafat, a quant à lui dénoncé le "cancer" idéologique auquel sont exposés les jeunes Molenbeekois : "Nous devons agir le plus vite possible pour immuniser nos enfants contre la propagande de Daesh". Une mère de famille, dont les deux fils ont rejoint les rangs de l'organisation en Syrie, a raconté au Guardian que l'un d'eux avait reçu, dans les dix jours précédant son départ, 140 appels de son recruteur : "Si ça, ce n'est pas du harcèlement, je ne sais pas ce que c'est".

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