«Pussy Hat», le nouveau symbole des anti-Trump

Un chapeau tricoté en forme d'oreilles de chat, une réponse aux propos obscènes tenus par Donald Trump. [capture d'écran Instagram / @p_ssyhatproject]

Un chapeau de maille rose tricoté en forme d'oreilles de chat. L'image peut paraître anodine, le message qu'elle porte est pourtant très sérieux. Et le 21 janvier prochain, ce drôle de couvre-chef sera sur les têtes de milliers d'Américains dans les rues de Washington en réponse aux propos obscènes tenus par Donald Trump. 

Au lendemain de l'investiture du 45e président des Etats-Unis, les manifestants veulent donc faire entendre leur voix à celui qui, il y a une dizaine d'années, se vantait de pouvoir «attraper les femmes», par le sexe féminin. 

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Ces propos ont en effet été tenus de la bouche même du successeur de Barack Obama en 2005. Ils avaient été révélés au public en octobre 2016 dans une vidéo exhumée par le Washington Post et avaient profondément choqué aux Etats-Unis, et dans le monde.

C'est de là qu'est née l'initiative baptisée «Pussyhat projet», qui regroupe des adeptes du tricot confectionnant ces petits bonnets roses avec des oreilles de chat, le terme «pussy» désignant en anglais l'animal domestique ou le sexe féminin.

 

Done for the day! #pussyhatproject

Une photo publiée par Claudia Mcknight (@mckfly) le

«Pussyhat projet» est le fruit de l'imagination de Krista Suh et Jayna Zweiman deux amies américaines, tricoteuses du dimanche. Avec le propriétaire d'une boutique de laine de leur quartier, elles ont en effet eu l'idée, le 25 novembre dernier, au lendemain de la fête de Thanksgiving, de concevoir ce modèle de chapeau très simple que tout un chacun, avec seulement quelques notions de base du tricot, peut fabriquer.

Le chapeau s'est ensuite naturellement imposé dans l'organisation de la «Marche des femmes», un autre mouvement créé le 8 novembre dernier, jour de la victoire de Donald Trump, et qui compte plus de 165.000 participants sur Facebook.

 

PUSSYHAT KNIT NIGHT FRIDAY JANUARY 13 5:00-8:30!!! #pussyhatproject #womenmarchonwashington #thelittleknittery #iloveknitting

Une photo publiée par Kat Coyle /The Little Knittery (@thelittleknittery) le

Un défi logistique

Du fait du court délai de préparation, la «Marche des femmes» s'est révélée être un véritable défi logistique à la fois pour les organisateurs et pour les autorités.

Ces dernières attendent en effet 800.000 partisans du milliardaire le 20 janvier, jour de l'investiture de Trump, et tout autant d'opposants de divers horizons, le lendemain. Elles ont donc placé la capitale américaine sous la haute surveillance de 28.000 membres des forces de l'ordre pour ce chassé-croisé.

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Pas de quoi décourager Jayna Zweiman et Krista Suh qui tablent sur 100.000 couvre-chefs déjà tricotés, alors que plus de 60.000 personnes ont cliqué sur la section «modèles» de leur site Web. Des chiffres qui promettent une manifestation à l'effet visuel très fort.

Mais, soulignent les organisatrices, il s'agit aussi de donner aux gens qui ne peuvent pas manifester à Washington, une possibilité de participer à la contestation d'une façon concrète en revêtant le chapeau quel que soit l'endroit où la personne se trouve.

Enfin, Jayna Zweiman et Krista Suh expliquent également avoir entendu des femmes leur dire que tricoter a été une manière productive de gérer leur colère électorale et leur chagrin.

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