Irak : une députée yézidie ciblée par Daesh empêchée d'entrer aux Etats-Unis

La député irakienne s'était battu pour sensibiliser les pays occidentaux à la cause des Yézidis. [Mike Coppola / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Le décret anti-immigration de Donald Trump pourrait empêcher une députée irakienne yézidie de recevoir un prix prestigieux.

Vian Dakhil devait recevoir le prix Lantos des droits de l'Homme à Washington DC ce mercredi 8 février pour sa «défense courageuse» du peuple yézidi, victime d'un génocide perpétré il y a deux ans par Daesh. L'organisation terroriste avait enlevé des milliers de femmes yézidies en 2014 dans le nord de l'Irak, pour en faire des esclaves sexuelles. Elle avait également tué des centaines d'hommes.

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La députée de 46 ans détient un passeport irakien, ce qui devrait l'empêcher de se rendre aux États-Unis, puisque le président Donald Trump a signé vendredi 27 janvier un décret interdisant aux ressortissants de sept pays, dont l'Irak, d'entrer aux États-Unis pendant quatre-vingt-dix jours.

À l'encontre des «valeurs américaines les plus fondamentales»

Vian Dakhil a déclaré que cette décision était «une surprise totale». Katrina Lantos Swett, la présidente de la fondation Lantos, a expliqué qu'ils étaient en discussion avec le gouvernement pour permettre à la députée irakienne d'accéder au territoire américain. «Nous n'avons toujours pas d'information claire sur la possibilité qu'elle vienne», a-t-elle affirmé.

Lundi 30 janvier, la fondation a déclaré que ce décret était une forme d'irrespect envers «nos valeurs américaines les plus fondamentales - les valeurs qui font de l'Amérique une grande nation», avant d'ajouter : «Quand nous devons nous interroger si oui ou non, une héroïne comme Vian Dakhil, qui a risqué sa vie pour combattre les terroristes génocidaires de Daesh, peut entrer dans notre pays pour recevoir un prix des droits de l'Homme sous le dôme du Capitole, c'est que nous devrions tous être très inquiets».

Selon la présidente, le combat de Vian Dakhil, et notamment le discours qu'elle a donné en 2014 au Parlement irakien, a été un des facteurs décisifs dans la décision des pays occidentaux d'entrer en guerre contre Daesh.

Beaucoup présentent Dakhil comme «la femme la plus recherchée par Daesh». Grâce à elle, plus d'un millier de femmes yézidies ont pu trouver un refuge et des soins médicaux en Allemagne, comme le rapporte le Telegraph.

Un décret très controversé

Cette décision de Donald Trump est globalement très mal reçue. De nombreux Américains sont allés manifester dans les aéroports du pays samedi 28 janvier, et beaucoup de démocrates, comme Bernie Sanders mais aussi l'ancien président Barack Obama, ont affiché leur désaccord avec une telle mesure.

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Ces protestations n'ont pour l'instant rien changé, puisque Donald Trump ne semble pas prêt à revenir sur son décret anti-immigration, surnommé «Muslim Ban» par les médias. Les ressortissants du Yémen, de l'Iran, de la Libye, de la Somalie, du Soudan et de l'Irak ne peuvent entrer sur le territoire américain pendant les quatre-vingt-dix jours suivant la signature du décret. Pour les syriens, quant à eux, pas de limite dans le temps : l'interdiction est pour l'instant définitive.

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