Un animateur radio assassiné en direct sur Facebook Live

Les funérailles du journaliste et directeur de la station de radio, Leonidas Martinez. [ERIKA SANTELICES / afp]

La mort en direct. Un animateur de radio de République Dominicaine, Luis Manuel Median, a été assassiné mardi alors qu'il enregistrait une émission de radio diffusée en direct et retransmise en vidéo via Facebook Live. 

Le journaliste se trouvait dans un studio en verre installé dans un centre commercial. Son confrère et directeur de la radio, Leonidas Martinez, qui se trouvait dans une pièce adjacente, a été tué lui aussi. Une secrétaire, Dayana Garcia, a été blessée. 

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Sur la vidéo, on voit l'animateur en train de lire les informations lorsque l'on entend deux coups de feu. Juste avant que la vidéo coupe, l'animateur suit d'un regard inquiet une personne qui vient de rentrer dans le studio, qu'on ne voit pas à l'image, et une voix féminine crie «tiros, tiros, tiros» (on tire, on tire, on tire), puis l'écran devient noir.

Les employés de la radio ont raconté que l'attaquant a d'abord tué le directeur de la station dans son bureau avant de se diriger à la cabine d'enregistrement pour assassiner le journaliste, puis de tirer sur la secrétaire.

Le responsable encore non-identifié

Mercredi matin, un important dispositif policier était déployé devant la station de radio, installée dans un centre commercial. Certaines vitres de la station étaient brisées et une mare de sang était visible devant. La Société interaméricaine de presse (SIP), organisme de défense de la liberté de la presse sur le continent américain, a condamné cette «tragédie qui touche la grande famille du journalisme en République dominicaine», selon un communiqué.

Elle a enjoint les autorités à «réaliser une enquête rapide et en profondeur pour connaître le mobile, identifier le responsable (de ces meurtres) et le conduire devant la justice». En 2016, la République dominicaine était classée 62e, sur 179, dans l'indice sur la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. «Les journalistes qui osent s'en prendre à la corruption ou au trafic de drogues sont souvent les victimes de violence physique voire de meurtre», note RSF sur sa page internet consacrée à ce pays.

Aux Etats-Unis en 2015, le meurtre en direct de deux journalistes d'une télévision locale, un drame sans précédent, avait particulièrement choqué, notamment parce que le tueur - un de leurs anciens collègues - avait également filmé la scène pour ensuite la diffuser sur les réseaux sociaux.

La popularité récente de Facebook Live a donné lieu ces dernières semaines à la diffusion de plusieurs faits divers en direct. Le même jour aux Etats-Unis, mardi, c'est un petit garçon de deux ans qui avait été tué en direct.  Et il y a quelques semaines à La Rochelle, une femme s'était immolée en direct.

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