L'OMS liste 12 «superbactéries» contre lesquelles il faut développer de nouveaux antibiotiques

Trois familles de bactéries sont particulièrement dans le collimateur de l'OMS.[© INNAMORATI/SINTESI/SIPA]

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié lundi une liste de 12 familles de bactéries contre lesquelles elle juge urgent de développer de nouveaux antibiotiques, en raison des risques que font peser leurs résistances aux traitements actuels.

«Cette liste a été établie pour essayer d'orienter et de promouvoir la recherche-développement de nouveaux antibiotiques», explique l'institution des Nations unies, qui veut empêcher la résurgence de maladies infectieuses incurables. Le risque est jugé «critique» pour trois familles de bactéries : les Acinetobacter, les Pseudomonas et les entérobactéries (dont l'E.coli), résistantes y compris aux antibiotiques les plus récents, dits de dernier recours, et à l'origine de la plupart des infections graves en milieu hospitalier.

Risque «critique» pour trois familles de bactéries

«La résistance aux antibiotiques augmente et nous épuisons rapidement nos options thérapeutiques. Si on laisse faire le marché, les nouveaux antibiotiques dont nous avons le besoin le plus urgent ne seront pas mis au point à temps», a alerté Marie-Paule Kieny, sous-directrice générale à l'OMS pour les systèmes de santé et l'innovation. L'OMS classe six familles d'agents pathogènes en «priorité élevée», dont le staphylocoque doré, les salmonelles et l'Helicobacter pylori (la bactérie responsable notamment des ulcères de l'estomac), du fait de leur résistance à plusieurs types d'antibiotiques.

Trois autres familles de bactéries sont elles placées en «priorité moyenne»: le pneumocoque, qui peut conduire à des pneumonies et des méningites, l'Haemophilus influenzae, responsable d'infections comme les otites, et les Shigella spp., cause d'infections intestinales telles que la dysenterie. En septembre, une étude britannique affirmait que les bactéries résistantes pourraient «tuer jusqu'à 10 millions de personnes par an d'ici 2050, soit autant que le cancer».

 

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