Syrie, Afghanistan, Corée du Nord... Jusqu'où ira Trump ?

Le président Donald Trump descend de l'hélicoptère Marine One à Milwaukee, mardi 18 avril. Le président Donald Trump descend de l'hélicoptère Marine One à Milwaukee, mardi 18 avril.[SAUL LOEB / AFP]

Imprévisible jusqu’au bout. C’est bien la seule caractéristique certaine du président Donald Trump, qui, en moins de deux mois à la Maison Blanche, semble avoir déjoué tous les autres pronostics, revenant constamment sur ses déclarations. 

Des retournements particulièrement marqués sur la scène internationale, et qui suscitent l’inquiétude de ses alliés comme de ses adversaires. Lui qui avait tenu un discours isolationniste se révèle très actif à l’extérieur. Si certains y voient une diversion pour masquer ses échecs internes, notamment sur la réforme du système de santé, peu parviennent à décrypter son agenda diplomatique.

Un regain d’activité militaire

Le premier choc est survenu jeudi 6 avril, quand Donald Trump a ordonné, à la surprise générale, l’envoi de 59 missiles Tomahawk pour frapper la base syrienne d’où avait été lancée l’attaque chimique de Khan Cheikhoun. Si certains ont salué une initiative attendue depuis le premier franchissement de la «ligne rouge» des gaz toxiques en 2013, le caractère impulsif et sans concertation de l’opération a alarmé plusieurs États occidentaux.

D’autant qu’une semaine plus tard, l’armée américaine larguait une méga-bombe sur les positions de Daesh en Afghanistan, tuant au moins 90 personnes. 

De quoi faire peur à la Corée du Nord, vis-à-vis de laquelle Washington tient un discours de plus en plus menaçant. En déplacement en Asie du Nord-Est cette semaine, le vice-président Mike Pence a enjoint Pyongyang à ne pas éprouver la «détermination» de Donald Trump, et promis une réponse «écrasante» en cas de nouveaux tirs. «Ces deux dernières semaines, le monde a été témoin de la puissance […] de notre nouveau président» a-t-il souligné. 

A ces événements récents, il faut ajouter l’intensification des frappes contre al-Qaida au Yémen. Ce mercredi 19 avril encore, cinq morts ont été signalés à la suite de tirs de drones américains sur des positions jihadistes.

Une stratégie illisible

Ces interventions et ces menaces, décidées unilatéralement et non dans le cadre de l’ONU, ni même de l’OTAN, déstabilisent les observateurs américains, qui les attribuent à l’impulsivité du président. «Cher Kim Jong-un, faites attention à Donald Trump, il est encore plus fou que vous», titrait ainsi le Washington Post mardi, tandis qu’hier, l’éditorial du New York Times affirmait «M. Trump joue selon ses propres règles (c’est-à-dire sans règle)».

Loin de chercher à lever cette confusion, la Maison Blanche explique que le flou est nécessaire à la discrétion du président, qui posséderait un plan secret. Il «cache son jeu et il ne faut pas s’attendre à ce qu’il annonce à l’avance ce qu’il va faire face à telle ou telle situation», a averti Sean Spicer, son responsable de la communication. L’incertitude est décidément garantie. 

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