La Turquie empêche des manifestations contre l'offensive en Syrie

Le président turc Recep Tayyip Erdoga, le 20/01/2018. [AFP PHOTO / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS OFFICE].

Les forces de l'ordre turques ont empêché, dimanche 21 janvier, la tenue de deux manifestations contre l'offensive d'Ankara dans l'enclave kurde syrienne d'Afrine.

En fin d'après-midi dimanche, la police a ainsi empêché des manifestants de se rassembler à Kadiköy, sur la rive asiatique d'Istanbul, et interpellé au moins sept personnes.

Dans la matinée, c'est une autre manifestation qui devait se tenir à Diyarbakir dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie, qui a également été interdite par les forces de l'ordre.

Ce rassemblement devait se tenir à proximité du siège local du principal parti pro-kurde de Turquie, le HDP.

Erdogan intraitable

Dans le même temps, le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti que ceux qui manifesteraient publiquement à l'appel de milieux prokurdes contre l'offensive menée par Ankara dans le nord de la Syrie paieraient «un prix très élevé».

«Voyez maintenant (...), le HDP appelle mes frères kurdes à manifester. Jusqu'à présent, peu d'entre eux sont sortis dans la rue», a déclaré l'homme fort de la Turquie lors d'un discours à Bursa (nord-ouest).

«Je vous le dis : attention ! Si certains suivent ces appels (à manifester, ndlr) et commettent l'erreur de sortir dans la rue, ils paieront un prix très élevé», a-t-il ainsi prévenu, avant de poursuivre : «C'est une lutte nationale, et nous écraserons quiconque s'oppose à cette lutte nationale».

Le HDP, une organisation «terroriste» d'après Ankara 

Ces mises en garde surviennent alors que l'armée turque est entrée en Syrie dans le cadre d'une offensive contre les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme terroriste par Ankara.

De leur côté, le HDP, par la voix de certains de ses responsables, a vivement dénoncé l'offensive turque, accusant Ankara de vouloir «occuper» des zones contrôlées par les Kurdes dans le nord de la Syrie. Près d'un cinquième de la population turque est d'origine kurde. 

Recep Tayyip Erdogan accuse régulièrement le HDP de n'être que la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée «terroriste» par Ankara et ses alliés occidentaux et qui mène une sanglante guérilla en Turquie depuis 1984.

Dans la foulée de la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016, une dizaine de députés du HDP, dont ses deux dirigeants, ont été incarcérés.

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