«Baratin», «fantasme» : Moscou balaie les accusations d'ingérence électorale

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a balayé les accusation américaine d'ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, le 17 février à Munich (Allemagne) lors de la conférence annuelle sur la sécurité. [Thomas KIENZLE / AFP] Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a balayé les accusation américaine d'ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, le 17 février à Munich (Allemagne) lors de la conférence annuelle sur la sécurité. [Thomas KIENZLE / AFP]

«Baratin», «fantasmes» : la Russie a balayé samedi les accusations d'ingérence dans les élections américaines, au lendemain de l'inculpation aux Etats-Unis de ressortissants russes soupçonnés d'avoir interféré dans la présidentielle remportée par Donald Trump.

Les dénégations russes, prononcées lors d'une conférence annuelle sur la sécurité à Munich, ont été accueillies avec sarcasme par le chef du renseignement américain Dan Coats, également présent dans la capitale bavaroise.

«Je suis frappé par le fait que tous les ans, les Russes envoient quelqu'un ici pour en gros nier les faits», a-t-il lâché à la tribune.

«Tant qu'on n'a pas de faits, tout ça c'est du baratin», avait auparavant martelé à Munich le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, alors que Washington a formellement accusé 13 Russes, dont un proche de Vladimir Poutine, d'avoir favorisé en 2016 la candidature de l'actuel locataire de la Maison Blanche.

«Tout et n'importe quoi est publié, nous voyons une multiplication des accusations, affirmations et déclarations», a ajouté M. Lavrov, jugeant les propos des autorités américaines contradictoires.

Le ministre russe des Affaires étrangères a fait valoir que le vice-président américain Mike Pence et une responsable du département américain de la Sécurité intérieure avaient assuré «qu'aucun pays n'avait influencé le résultat de l'élection américaine».

Des responsables américains ont affirmé par le passé que la victoire de M. Trump n'était pas le résultat d'une ingérence russe, mais que Moscou avait bel et bien cherché à s'inviter dans le processus.

Le président américain a lui toujours démenti toute forme de collusion et accusé le FBI de mener une «chasse aux sorcières» contre son administration.

Tous les inculpés, 13 ressortissants russes et trois sociétés, sont accusés de complot en vue de tromper les Etats-Unis. Trois d'entre eux sont accusés également de fraude bancaire et cinq autres de vol aggravé d'identité, selon un communiqué du procureur spécial chargé de ce dossier, Robert Mueller.

La 54e conférence annuelle sur la sécurité de Munich a débuté le 16 février 2018. Elle se tient dans un grand hôtel de la capitale bavaroise. [THOMAS KIENZLE / AFP]
La 54e conférence annuelle sur la sécurité de Munich a débuté le 16 février 2018. Elle se tient dans un grand hôtel de la capitale bavaroise. [THOMAS KIENZLE / AFP]

Evguéni Prigojine, un proche du président russe Vladimir Poutine, figure parmi ces accusés.

L'acte d'accusation ne mentionne toutefois aucune connivence entre l'équipe de campagne de Donald Trump et le gouvernement.

«Preuves irréfutables»

«Notre gouvernement ne s'est jamais mêlé de la vie politique américaine», a renchéri samedi à Munich l'ancien ambassadeur russe à Washington de 2008 à 2017, Sergueï Kisliak. «Je n'ai jamais rien fait de la sorte, mon ambassade non plus.»

«Toutes ces accusations sont de simples fantasmes, utilisés à des fins politiques aux Etats-Unis dans le cadre de la bagarre entre les différents camps politiques», a-t-il insisté.

Le nom de M. Kisliak est apparu dans l'enquête du procureur Mueller sur les contacts entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump.

L'ancien conseiller à la sécurité nationale du président Trump, Michael Flynn, a ainsi reconnu avoir menti au FBI sur des conversations avec l'ambassadeur Kisliak.

Vendredi, Moscou avait déjà qualifié d'«absurde» l'acte d'accusation contre les ressortissants russes.

Mais le conseiller à la sécurité nationale du président américain H.R. McMaster a assuré samedi à Munich que les «preuves étaient vraiment irréfutables» contre Moscou en la matière.

«La Russie devrait réévaluer ce qu'elle fabrique parce que ça ne marche pas, tout simplement», a-t-il ajouté, en voulant pour preuve que Républicains et Démocrates sont unis lorsqu'il s'agit d'imposer des sanctions aux Russes.

Le conseiller américain à la sécurité nationale Herbert Raymond McMaster, a évoqué des "preuves irréfutables" d'ingérence russe dans les élections américaines de 2016, le 17 février 2018 lors d'un discours devant la Conférence sur la sécurité de Munich (Allemagne). [THOMAS KIENZLE / AFP]
Le conseiller américain à la sécurité nationale Herbert Raymond McMaster, a évoqué des "preuves irréfutables" d'ingérence russe dans les élections américaines de 2016, le 17 février 2018 lors d'un discours devant la Conférence sur la sécurité de Munich (Allemagne). [THOMAS KIENZLE / AFP]

«C'est très dur de faire passer des législations bipartisanes aux Etats-Unis (...) mais la Russie y est parvenue en conduisant cette campagne de subversion politique», a-t-il ironisé.

Les principaux services de renseignement --dont la CIA et la NSA-- et le FBI ont déjà dénoncé l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016, via des campagnes sur les réseaux sociaux et le piratage d'informations provenant du camp démocrate américaine.

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