Quand Macron courtise l'Inde

Emmanuel Macron et Narendra Modi à New Delhi, vendredi 9 mars 2018.[ LUDOVIC MARIN / POOL / AFP]

Le président Emmanuel Macron, qui souhaite multiplier les liens de Paris et New Delhi, termine ce lundi 12 mars une visite d'Etat en Inde.

Renforcer une alliance prometteuse. C’est l’objectif du déplacement d’Emmanuel Macron en Inde, où il a déjà annoncé, entre une séance photo devant le Taj Mahal et un discours à la jeunesse, de nombreux partenariats stratégiques et commerciaux.

Depuis trois jours, le président et son épouse, Brigitte, parcourent en effet le sous-continent à la rencontre des leaders politiques et économiques locaux. Une visite d’Etat d’une longueur inhabituelle (François Hollande, qui s’est rendu deux fois sur place, n’y est jamais resté plus de 48 heures) qui révèle l’importance du pays aux yeux d’Emmanuel Macron.

Énergie verte et gros contrats

Le président français avait noué une relation «de confiance» avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, lors de son passage à Paris l’année dernière, selon l’Élysée. Les deux dirigeants ont à nouveau passé beaucoup de temps ensemble ces derniers jours, et doivent se rendre ce lundi à Varanasi, l’une des villes sacrées de l’hindouisme.

Ils en profiteront pour inaugurer, quelques kilomètres plus loin, une vaste centrale solaire de 100 MW, construite par une filiale d’Engie. Cet événement bouclera un périple marqué par la promotion des énergies vertes. Hier, Emmanuel Macron et Narendra Modi ont ainsi présidé le premier sommet de l’Alliance solaire internationale, qui vise à mieux exploiter les ressources photovoltaïques des pays les plus proches de l’Equateur.

«D’une part, l’Inde manque d’infrastructures, de l’autre, elle est confrontée à un problème de pollution dramatique; elle n’a donc pas le choix, elle doit investir dans les technologies vertes», résume l’économiste Catherine Bros, spécialiste du pays. Un secteur dans lequel la France est bien décidée à s’imposer comme un partenaire privilégié du géant asiatique. 

Mais le renouvelable n’est pas le seul domaine dans lequel Paris souhaite s’investir en Inde. Un projet de construction d’une centrale nucléaire composée de six réacteurs EPR est également à l’étude - Emmanuel Macron a déclaré samedi espérer un accord définitif avant la fin de l’année. Au total, le président a annoncé une vingtaine de contrats pour un montant total de 13 milliards d’euros. Principal bénéficiaire de ces accords, le groupe Safran, qui va fournir des moteurs d’avion à la compagnie aérienne à bas prix SpiceJet.

Un essai à transformer

Mais les étapes les plus délicates sont peut-être à venir. Le projet de centrale nucléaire, notamment, est encore hypothétique, aucun EPR n’ayant été vendu. Or, les exemples de contrats annoncés mais jamais exécutés ne manquent pas. Ainsi, la commande de douze A380 à Airbus par l’Iran, saluée en 2016, a finalement été annulée. 

Plus généralement, même si ces partenariats aboutissent, la place de la France reste limitée sur le marché indien. «Du fait de son passé colonial, New Delhi s’est toujours tourné plus naturellement vers les pays anglo-saxons», souligne Catherine Bros. L’Inde n’est ainsi que le 18e client de la France, et son 20e fournisseur. Un classement que Paris souhaite voir évoluer.

New Delhi est également le premier importateur d’armes au monde, laissant les industriels français espérer de nouvelles commandes, après celle de 36 avions de chasse Rafale en 2016. Peut-être le programme d’un prochain déplacement...

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