Tout savoir sur Miguel Diaz-Canel, le nouveau président de Cuba

Miguel Diaz-Canel a été désigné président de Cuba, à l'issue d'un vote parlementaire. [ALEJANDRO ERNESTO / POOL / AFP]

Il incarne le nouveau visage de Cuba. Miguel Diaz-Canel, 57 ans, a été officiellement désigné ce jeudi 19 avril comme successeur de Raul Castro, frère de Fidel, à la tête de l'Etat caribéen.

Pour la première fois depuis près de soixante ans, le dirigeant cubain ne porte donc pas le nom de Castro, ni même l'emblématique uniforme militaire.

Universitaire diplômé en ingénierie électronique, par ailleurs ancien ministre de l'Enseignement supérieur de 2009 à 2012, Miguel Diaz-Canel n'est en effet pas un révolutionnaire au sens propre du terme.

Né le 20 avril 1960 à Santa Clara, soit après la révolution de 1959, il est ainsi exempt de toute légitimité historique. 

Cela ne l'a toutefois pas empêché de devenir un pilier du Parti communiste cubain qu'il a intégré en 1997. Il en a ensuite gravi tous les échelons, d'abord chez lui, au sein de la section provinciale de Santa Clara, puis dans celle de la ville d'Holguin.

Le «Richard Gere» cubain 

De cette époque, les Cubains ont gardé l'image d'un homme simple, qui circulait à vélo pour rester au contact de la population, rapportent plusieurs médias latino-américains.

Avec le temps, il gagne progressivement le surnom de «Richard Gere» en raison de sa taille et de sa crinière blanche, qui aux yeux des Cubains, le font ressembler au célèbre acteur américain.   

Réputé pour être un travailleur acharné, Miguel Diaz-Canel devient, en 2013, Premier vice-président des Conseils d'État et des ministres de la République de Cuba.

Une fonction purement représentative

Dans un système de parti unique, la succession du futur chef communiste a été préparée dans les moindres détails. Après avoir été désigné président par les 605 députés de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire, Miguel Diaz-Canel ne devrait de fait avoir une qu'une fonction purement représentative.

Raul Castro entend en effet rester premier secrétaire du parti communiste jusqu'en 2021. Une configuration inédite puisque, depuis près d'un demi-siècle, les fonctions de chef de l'Etat et celle de premier secrétaire du parti étaient occupées par une seule et même personne, soit Fidel et Raul Castro successivement.

L'économie, principal défi

En pratique, Miguel Diaz-Canel ne devrait donc pas remettre en question les réformes économiques mises en place ces dernières années. 

Parmi elles, la fin de la dualité monétaire - deux devises, le peso cubano et le peso convertible circulent sur l'île - et la lutte contre les inégalités salariales.

Une tâche qui pourrait s'avérer bien plus ardue que prévue alors que le pays traverse une période compliquée tiraillé entre les tensions exacerbées avec les Etats-Unis - depuis l'élection de Donald Trump - et un allié historique, le Vénézuela, de plus en plus instable économiquement et socialement.

Aujourd'hui, selon certains observateurs, Cuba se trouve ainsi dans une situation économique assez comparable à celle de 2008, où le pays avait connu une grave crise économique.

Une période de grands doutes et de peu de certitudes a ainsi toutes les chances de s'ouvrir.

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