A San Francisco, un sommet climat entre volontarisme et catastrophisme

Statue d'ours polaire géant installée à San Francisco pendant le sommet mondial sur le climat, le 13 septembre 2018 [JOSH EDELSON / AFP] Statue d'ours polaire géant installée à San Francisco pendant le sommet mondial sur le climat, le 13 septembre 2018 [JOSH EDELSON / AFP]

Le sommet mondial sur le climat de San Francisco s'est achevé vendredi sur des messages d'espoir et d'alarme, maires, gouverneurs et ONG venus du monde entier implorant les dirigeants mondiaux à en faire plus dans les deux prochaines années afin de limiter le réchauffement de la planète.

"Nous n'avons jamais eu autant besoin du multilatéralisme qu'à l'heure actuelle", a lancé en clôture Patricia Espinosa, l'ancienne ministre mexicaine chapeautant les négociations climatiques aux Nations unies. "Au moment exact où nous en avons le plus besoin, l'ordre international est remis en cause".

"Je vais vous dire la vérité", a aussi dit John Kerry, ancien chef de la diplomatie de Barack Obama, qui négocia l'accord de Paris de 2015. "Nous sommes très loin de l'objectif". Les prochains mois sont décrits comme cruciaux par de nombreux participants pour relancer l'accord de Paris sur le climat de 2015. En décembre, 190 Etats signataires se retrouveront à Katowice, en Pologne, pour s'accorder sur les règles de mise en oeuvre du pacte.

"L'énergie de Paris a été perdue", a déploré l'un des rares chefs d'Etats présents à San Francisco, le Hongrois Janos Ader. "L'avenir de la civilisation est en jeu, c'est le message que nous devons porter à Katowice". Mais les préparatifs de ce rendez-vous apparemment technique sont dans l'impasse, risquant de laisser éclater au grand jour la faiblesse du pacte climatique.

La méthode adoptée en 2015 est inédite: aucune sanction n'est prévue pour les pays. Chaque Etat fixe ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre --des objectifs pour l'instant largement insuffisants pour limiter à 2°C la hausse de température du globe avant 2100, la Terre en étant à +1°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Effets combinés d'une tempête et de la marée haute, l'atoll de Majuro dans les îles Marshall est recouvert par les eaux le 3 mars 2014 [GIFF JOHNSON / AFP/Archives]
Effets combinés d'une tempête et de la marée haute, l'atoll de Majuro dans les îles Marshall est recouvert par les eaux le 3 mars 2014

Un sommet de l'ONU est aussi prévu en septembre 2019, avant la révision des objectifs nationaux en 2020. "C'est ce qui déterminera si l'accord de Paris pourra être sauvé ou non", résume David Paul, ministre de l'Environnement des Îles Marshall, menacées d'engloutissement par la montée de l'océan Pacifique.

Le CO2 en hausse

Des dirigeants régionaux européens, asiatiques ou américains ont affirmé qu'ils pouvaient prendre le relais des Etats défaillants en accélérant le passage à l'électricité et aux véhicules propres.

"C'est dans les villes que la plus grande bataille doit être menée", dit à l'AFP le maire de Quito, Mauricio Rodas, dont la ville est en train de construire son premier métro et prévoit de restreindre aux véhicules propres son centre historique.

Niveau record des émissions de gaz à effet de serre en 2017 dans le monde [Simon MALFATTO / AFP]
Niveau record des émissions de gaz à effet de serre en 2017 dans le monde

Quito, comme Varsovie, Buenos Aires ou Le Cap, sont quelques-unes des villes ayant rejoint New York, Londres, Paris, Tokyo et plusieurs Etats américains comme la Californie dans ce mouvement vers le "zéro carbone", dans une à trois décennies.

Les multinationales étaient omniprésentes: Unilever, Ikea, Sony, Walmart, Michelin... ont multiplié annonces et engagements.

 

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