Brésil : Bolsonaro veut mettre l'armée dans la rue pour combattre le crime

Jair Bolsonaro, le candidat d'extrême-droite à l'élection présidentielle brésilienne, a fait de l'insécurité son cheval de bataille. [MAURO PIMENTEL / AFP]

Jair Bolsonaro, le candidat d'extrême-droite à l'élection présidentielle brésilienne et favori du second tour du 28 octobre, a déclaré qu'il n'hésiterait pas à mobiliser l'armée pour lutter contre les violences urbaines.

«Si le Congrès m'en donne l'autorisation, je mettrai les militaires dans les rues», a ainsi prévenu le politicien de 63 ans, au cours d'une interview accordée à la chaîne de télévision Band TV, ce dimanche 21 octobre.

Candidat pour le Parti social-libéral, Jair Bolsonaro, par ailleurs lui-même ancien capitaine de l'armée brésilienne, a axé sa campagne sur deux promesses centrales : lutter contre la corruption de la classe politique et réduire l'insécurité qui gangrène le pays.

UN PAYS «EN GUERRE»

La violence est en effet un fléau pour les quelque 208 millions d'habitants de la première puissance d'Amérique latine : elle a atteint l'an dernier le record de 63.880 morts et a fait, en sept ans, plus de tués que la guerre en Syrie.

Des chiffres qui ont fait dire à Bolsonaro que le Brésil était à présent «en guerre» contre la violence et que, pour la combattre, il souhaitait libéraliser le port d'armes, quitte à ouvrir la voie à des exécutions extrajudiciaires de masse.

Une mesure qui figure dans son programme et qui n'est pas sans rappeler la «guerre contre la drogue» menée aux Philippines par le président Rodrigo Duterte.

Dans le même esprit, Bolsonaro a aussi proposé une immunité judiciaire aux policiers qui abattraient des criminels.

Dans les faits pourtant, au Brésil, la police a déjà la gâchette facile et aurait, selon Amnesty International, déjà tué l'an dernier 5 144 personnes lors d'opérations. Un chiffre en hausse de 20 % et qui pourrait exploser davantage si Bolsonaro arrive au pouvoir.

Ce qui a de grandes chances d'arriver puisque, selon les derniers sondages, Bolsonaro arriverait largement vainqueur avec une avance de 18 points face à Fernando Haddad, son rival de gauche, et cela une semaine seulement avant le scrutin du second tour du 28 octobre.

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