Shutdown : rendez-vous sous tension à la Maison Blanche

Un panneau "stop" près de la Maison Blanche, photographié durant le "shutdown", la fermeture partielle des administrations américaines, à Washington le 27 décembre 2018 [Andrew CABALLERO-REYNOLDS / AFP] Un panneau "stop" près de la Maison Blanche, photographié durant le "shutdown", la fermeture partielle des administrations américaines, à Washington le 27 décembre 2018 [Andrew CABALLERO-REYNOLDS / AFP]

Au 12e jour d'un "shutdown" qui paralyse partiellement l'administration américaine, Donald Trump a invité mercredi les élus des deux bords pour tenter de sortir de l'impasse, mais martèle qu'il ne lâchera pas sur son mur, au coeur de la discorde.

A la veille de la mise en place du nouveau Congrès - le 116e de l'Histoire - où les démocrates contrôleront désormais la Chambre des représentants, les négociations sur la loi budgétaire sont à l'arrêt, les deux camps se renvoyant la balle dans un débat stérile.

Donald Trump réclame quelque 5 milliards de dollars pour édifier son mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique afin de lutter contre l'immigration clandestine. Ses adversaires politiques s'y opposent, jugeant que le "magnifique mur" vanté par le magnat de l'immobilier n'est pas une réponse adaptée au débat complexe sur l'immigration.

Les ténors du camp démocrate au Congrès, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, sont attendus, avec leurs homologues républicains, en milieu d'après-midi à la Maison Blanche pour une réunion centrée sur "la sécurité aux frontières", selon les termes de l'exécutif.

Une pancarte devant le Musée national de l'air et de l'espace de Washington indique que l'institution est fermée pour cause de "shutdown", la fermeture partielle des administrations américaines, le 2 janvier 2019 [SAUL LOEB / AFP]
Une pancarte devant le Musée national de l'air et de l'espace de Washington indique que l'institution est fermée pour cause de "shutdown", la fermeture partielle des administrations américaines, le 2 janvier 2019

Leur dernière visite dans le Bureau ovale, le 11 décembre, s'était très mal passée, donnant lieu à des échanges particulièrement tendus et agressifs. Donald Trump, qui a renoncé cette année à ses vacances dans son luxueux club de Mar-a-Lago, en Floride, multiplie les tweets rageurs, parfois contradictoires, sur le mur et son financement. "La plupart du mur a déjà été complètement rénové ou construit", a-t-il tweeté mercredi matin, contre toute évidence.

La Maison Blanche dénonce "le refus du compromis" des démocrates. Sarah Sanders, porte-parole de Donald Trump, a jugé mardi soir que la dernière proposition de Nancy Pelosi était vouée à l'échec car "elle ne garantit pas la sécurité aux frontières" et "place les besoins d'autres pays au-dessus" de ceux des citoyens américains.

"Jeux politiques"

Mme Pelosi a proposé d'adopter les budgets de la plupart des administrations jusqu'au 30 septembre tout en ne finançant que jusqu'au 8 février le budget sensible du département de la Sécurité intérieure, qui supervise notamment la sécurité des frontières.

Les républicains ont toujours le contrôle du Sénat mais toute loi budgétaire devant être adoptée par 60 voix sur 100 à la chambre haute, ils ne peuvent se passer des démocrates.

Shutdown aux Etats-Unis [Gillian HANDYSIDE / AFP]
Shutdown aux Etats-Unis

Mercredi matin, l'élu républicain à la Chambre des représentants Steve Scalise a tenté de dramatiser le débat en appelant les démocrates "à arrêter de jouer avec la sécurité des Etats-Unis". "Le temps des jeux politiques est révolu. Des vies sont en jeu", a-t-il lancé dans une tribune publiée sur Fox News.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a annoncé qu'il attendrait désormais d'être certain qu'un texte puisse passer les deux chambres puis être promulgué par Donald Trump avant de le soumettre au vote.

Dans ce climat d'incertitude, un nouveau sénateur républicain, et ancien candidat à la Maison Blanche, a donné de la voix: Mitt Romney. Dans une tribune publiée dans la Washington Post à deux jours de sa prise de fonction, il a ouvertement déploré que Donald Trump n'ait pas, lors de ses deux premières années au pouvoir, endossé le costume présidentiel.

"Les mots et les actes de Trump ont suscité la consternation à travers le monde", a-t-il déploré. Assurant qu'il n'avait pas l'intention de réagir à chaque tweet ou polémique, il a toutefois averti qu'il dénoncerait sans relâche les propos ou les mesures "racistes, sexistes, contre les immigrés, malhonnêtes ou qui sapent les institutions démocratiques".

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