Boeing 737 d'Ethiopian Airlines : ce que l'on sait du crash qui a fait 157 morts

Un Boeing 737 d'Ethiopian Airlines qui effectuait la liaison Addis Abeba-Nairobi s'est écrasé dimanche matin peu après le décollage. Les 157 personnes qui se trouvaient à bord ont péri dans l'accident. Les deux boîtes noires ont été retrouvées lundi.

Qui sont les victimes ?

Les victimes du crash étaient de 35 nationalités différentes, selon un comptage provisoire fourni par la compagnie. Celle-ci a notamment dénombré 32 Kényans, 18 Canadiens, 9 Ethiopiens, 8 Italiens, 8 Chinois, 8 Américains, 9 Français, 7 Britanniques, 6 Egyptiens, 5 Allemands et 4 Indiens. Un passager voyageait avec un passeport onusien.

Des premiers détails concernant les victimes commencent à émerger. Un député slovaque, Anton Hrnko, a annoncé avoir perdu son épouse et deux enfants. «C'est avec une infinie tristesse que j'annonce que ma chère épouse, Blanka, mon fils Martin et ma fille Michala ont péri dans la tragédie aérienne à Addis Abeba ce matin», a-t-il écrit sur son compte Facebook.

Un responsable de la fédération kényane de football, Hussein Swale, et un archéologue italien et conseiller à la culture de la région Sicile, Sebastiano Tusa, font partie des morts. 

Parmi les huit Chinois décédés figurent des touristes, des employés de sociétés installées à l'étranger et un membre du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue), dont le siège est à Nairobi.

Le drame s'est produit à la veille de l'ouverture à Nairobi de la conférence annuelle du Pnue, qui a fait part de ses «profonds regrets». «Selon les premières indications, 19 membres d'organisations affiliées à l'ONU ont péri», a indiqué dans un communiqué à Genève le directeur de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), Antonio Vitorino. «La tragédie affecte profondément toute la famille de l'ONU», a-t-il souligné.

«Plusieurs autres membres d'au moins cinq organisations de l'ONU ou affiliées ont semble-t-il péri» dans l'accident, a-t-il ajouté. Outre l'OIM, le Programme alimentaire mondial (PAM), le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), l'Union internationale des télécommunications (UIT)), le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et la Banque mondiale ont perdu des employés, a précisé Antonio Vitorino.

A Nairobi, les familles et proches des passagers ont été regroupés dans un hôtel situé dans l'enceinte de l'aéroport international de Nairobi.

«L'avion était déjà en feu lorsqu'il s'est écrasé au sol»

En s'écrasant, l'avion a creusé un impressionnant cratère, labourant la terre sur des dizaines de mètres de longueur. L'avion s'est semble-t-il désintégré à l'impact : on ne distinguait plus la forme de l'appareil mais seulement des morceaux de carlingue éparpillés au sol, entourés d'effets personnels.

Selon un témoin interrogé par l'AFP, Tegegn Dechasa, «l'avion était déjà en feu lorsqu'il s'est écrasé au sol». «L'avion était déjà en flammes à l'arrière juste avant le crash.»

Le vol ET 302 avait décollé à 08H38 (05H38 GMT) de l'aéroport international Bole d'Addis Abeba et a disparu des contrôles radar six minutes plus tard. L'appareil était piloté par le capitaine Yared Getachew (8.000 heures de vol à son actif) et il avait fait l'objet d'une maintenance le 4 février. L'avion aurait dû atterrir à Nairobi vers 10H30 (07H30 GMT). Les conditions météorologiques étaient bonnes dimanche matin à Addis Abeba.

Le Boeing 737-800 MAX qui s'est écrasé était un appareil récent livré courant 2018 à la compagnie.

Selon le PDG d'Ethiopian Airlines, le pilote a fait part de «difficultés» peu après le décollage et il a demandé à rentrer sur Addis. «Le pilote a mentionné qu'il avait des difficultés et qu'il voulait rentrer» et «il a eu l'autorisation» de faire demi-tour et de repartir vers Addis Abeba, a expliqué le PDG d'Ethiopian Airlines Tewolde GebreMariam.

Des enquêtes en cours

Le parquet de Paris a annoncé dimanche avoir ouvert une enquête dans la matinée. Cette décision a été prise en raison de «la présence de ressortissants français parmi les victimes», a précisé le parquet.

Tewolde GebreMariam, qui a évoqué un «jour très triste et tragique», s'est rendu sur place dans la matinée, comme en témoigne une photo de la compagnie où on le voit seul au milieu des débris.

Sur place, une équipe de l'AFP a constaté la présence d'une équipe d'enquête de l'Agence éthiopienne de l'aviation civile. Des équipes de sauveteurs étaient affairées à la difficile tâche de récupérer les corps.

L'organisme fédéral américain chargé de la sécurité dans les transports (NTSB) a annoncé dimanche l'envoi d'une équipe d'inspecteurs chargés d'apporter leur aide dans l'enquête sur le crash. «Le NTSB envoie une équipe de quatre personnes pour porter assistance à l'enquête», a indiqué à l'AFP un porte-parole, précisant que toutes les informations sur les circonstances de l'accident seraient diffusées par les autorités éthiopiennes chargées de diriger les investigations.

L'envoi de ces experts est habituel lorsqu'un accident concerne un avion fabriqué par le constructeur américain Boeing et/ou que des victimes sont de nationalité américaine. Huit Américains ont perdu la vie dans l'accident. Les deux boîtes noires de l'appareil ont été retrouvées lundi et l'exploitation attendue de leurs données devrait permettre de déterminer la cause du drame.

Les réactions

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a présenté «ses profondes condoléances aux familles de ceux qui ont perdu leurs proches bien-aimés sur le vol régulier d'un Boeing 737 d'Ethiopian Airlines à destination de Nairobi, au Kenya, ce matin».

Le président Kenya Uhuru Kenyatta a adressé «ses prières (...) à toutes les familles et aux proches de ceux qui étaient à bord».

«J'adresse mes sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes du vol d'Ethiopian Airlines, dont plusieurs étaient françaises», a tweeté Emmanuel Macron, qui sera de mardi à jeudi en Ethiopie et au Kenya notamment, dans le cadre d'un voyage officiel. «La France se tient aux côtés des peuples kenyan et éthiopien et leur témoigne son entière solidarité», a ajouté le président français.

«Terribles nouvelles de l'Éthiopie ce matin. Nos pensées vont aux victimes du vol ET302, y compris les Canadiens qui étaient à bord et ceux qui ont perdu un être cher», a, de son côté, réagi le Premier ministre canadien Justin Trudeau. La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland avait également adressé ses condoléances aux familles des victimes un peu plus tôt, précisant que le gouvernement canadien était «en contact étroit avec les autorités éthiopiennes pour recueillir des informations supplémentaires le plus vite possible».

La compagnie Boeing s'est déclarée «profondément attristée d'apprendre la disparition des passagers».

Le dernier accident grave d'un avion de ligne d'Ethiopian Airlines est celui d'un Boeing 737-800 qui avait explosé après avoir décollé du Liban en 2010. Les 83 passagers et les sept membres de l'équipage avaient été tués.

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