Algérie : quels scénarios après le départ d'Abdelaziz Bouteflika ?

Et maintenant ? Alors qu'Abdelaziz Bouteflika a annoncé sa démission mardi 2 avril, les regards se portent sur les possibles scénarios pour sortir de la crise politique.

Le pouvoir applique la Constitution

Si la Constitution est respectée jusqu'au bout, selon l'article 102, des élections devraient être organisées sous 90 jours après le départ effectif du chef d'État. C'est la durée maximale de l'intérim prévu par les textes. Le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, prendra alors la charge de président temporaire pendant cette période de transition. 

Les manifestants obtiennent un allongement de la transition

Les Algériens qui sortent dans les rues depuis le 22 fevrier ne demandaient pas qu'un départ d'Abdelaziz Bouteflika. C'est tout le système qu'ils voulaient réformer. Il est par conséquent plausible que les manifestations se poursuivent. «Les manifestants veulent un changement profond, de nouvelles figures et surtout pas les visages du système actuel», indiquait ainsi dans nos colonnes le 28 mars Brahim Oumansour, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'Algérie. 

Selon ce dernier, la solution pour apaiser les tensions serait une transition lente, entre 6 mois et un an, permettant aux manifestants de «se structurer, de faire émerger des leaders, et donc de peser dans la reconstruction politique» du pays. Pour le moment, aucune figure n'a vraiment pris la main sur le mouvement, malgré le fait que certaines personnalités se sont mises en avant. 

Le bras de fer se poursuit

L'éventualité d'une transition lente et transparente pourrait être compliquée. «Les personnalités à la tête du pays ont un pouvoir de nuisance très fort, et peuvent avoir intérêt à alimenter la crise», explique ainsi Naoufel Brahimi El Mili, enseignant à Sciences Po et auteur de «France-Algérie : 50 ans d'histoires secrètes»Il explique également que bon nombre de manifestants participant aux rassemblements organisés chaque vendredi «sont des maximalistes, qui veulent le départ de tout le monde, ce qui est impossible. Pour le moment, il est difficile de savoir comment se passera la transition. Tout dépend de qui part, et comment cela se fera.»

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