Brésil : le gouvernement veut réviser les livres d'histoire pour nier le coup d'état de 1964

Le ministre de l'Education estime que les enfants doivent «avoir une idée véridique, réelle, de leur histoire»[Diego ROCHA / Brazil's Education Ministry / AFP]

Niant le coup d’Etat militaire de 1964 et les 21 années de dictature qui ont suivi, le ministre de l’Education brésilien a annoncé que les manuels scolaires allaient être révisés en ce sens.

Selon Ricardo Vélez, les livres scolaires doivent refléter une «version plus large de l’histoire» afin que les enfants «puissent avoir une idée véridique, réelle, de leur histoire».

Le ministre estime en effet que l’éviction par l’armée du président élu démocratiquement Joao Goulart le 31 mars 1964, n’était pas un coup d’Etat mais «un changement constitutionnel». Il soutient également que les généraux qui se sont succédés au pouvoir pendant 21 ans n’avaient pas instauré une dictature mais «un régime démocratique musclé», qui était «nécessaire à ce moment-là».

Pour l’heure, le président de l’Association brésilienne des manuels scolaires a donné son veto, indiquant que l’association était «opposée à toute forme de révisionnisme». Candido Grangeiro, cité par la BBC, a par ailleurs souligné que les modifications dans les programmes scolaires s’appuyaient sur des recherches universitaires et non sur des opinions.

Les propos du ministre de l’Education s’inscrivent dans la mouvance révisionniste du gouvernement de Bolsonaro. Il y a quelques jours le président d’extrême droite avait suscité l’indignation dans le pays après avoir ordonné la commémoration dans les casernes du 55e anniversaire du soulèvement militaire du 31 mars 1964.

Assassinats, disparitions, torture

En 2014, la commission nationale de vérité, avait établi que plus de 400 personnes avaient disparu ou avaient été tuées et des milliers d’autres avaient été arrêtées et torturées pendant cette période.

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