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Impeachment, 25e amendement... Ce qui menace Donald Trump après l'invasion du Capitole

Donald Trump est accusé d'avoir volontairement incité les manifestants à la violence Donald Trump est accusé d'avoir volontairement incité les manifestants à la violence[MANDEL NGAN / AFP]

Responsable mais pas coupable ? Après les scènes de violence et l’entrée par la force de manifestants au sein du Capitole américain, tous les yeux sont tournés vers Donald Trump. Après avoir incité, dans un discours, ses soutiens à se rendre devant le bâtiment, le chef de l’Etat leur a finalement demandé de rentrer chez eux, sans pour autant condamner leur comportement. De quoi le poursuivre en justice ?

Impeachment ? 

C’est la deuxième fois en quelques jours qu’une destitution est envisagée pour le 45ème président des Etats-Unis. Ses opposants et certains républicains lui reprochaient un abus de pouvoir lorsqu’il avait fait pression sur un responsable local de Géorgie pour que celui-ci «trouve» les votes dont il avait besoin pour renverser le résultat de l’élection présidentielle. Cette fois-ci, ils lui reprochent de ne pas avoir protégé la Constitution des Etats-Unis, ce qui est son rôle premier en tant que pensionnaire de la Maison Blanche. Ils estiment qu’en encourageant les manifestants à se rendre au Capitole, et en ne leur demandant que très tardivement de rentrer chez eux, il est responsable d’une tentative de coup d’Etat. Au moment des faits, le Sénat était en effet en train de certifier la victoire de Joe Biden lors de la dernière élection présidentielle. 

Mais comme pour le scandale du coup de téléphone en Géorgie, si rien n’est impossible, le timing semble trop serré pour organiser une destitution de Donald Trump. Joe Biden prendra sa place le 20 janvier prochain, ce qui laisse moins de deux semaines pour faire voter la chambre des Représentants, puis organiser un procès au Sénat, dans lequel les deux tiers des membres doivent le condamner. Cela n’a pas empêché la jeune progressiste Ilhan Omar d’annoncer sur son compte Twitter qu’elle en train de mettre au point des articles préliminaires à la destitution. 

25ème amendement ? 

La Constitution des Etats-Unis prévoit une autre possibilité pour se débarrasser d’un président. Le 25ème amendement, prévu avant tout pour remplacer un chef d’Etat tout juste décédé, prévoit également la possibilité pour le gouvernement américain de placer le vice-président à sa place alors qu’il est encore en vie, pour cause d’inaptitude à gouverner. Pour y parvenir, il faut l’accord d’une majorité du cabinet de Donald Trump, ainsi que celle de son vice-président Mike Pence. 

Si certains membres du cabinet auraient eu une discussion sur le sujet hier d’après un journaliste de CNN, et que Mike Pence s’est détaché de Donald Trump ces derniers jours, il semble difficile d’obtenir ces minima. De plus, le président peut engager un bras de fer en demandant au Congrès de voter. Deux tiers des membres (67 sénateurs sur 100 et 290 représentants sur 435) doivent alors soutenir l’initiative du cabinet pour que celle-ci soit validée, ce qui semble très difficile à obtenir. 

Un procès après son départ ? 

Une autre possibilité serait de poursuivre Donald Trump pour incitation à la violence ou pour un autre chef d’accusation bien plus grave : sédition. C’est d’ailleurs ce qu’a réclamé Jared Huffman, élu californien au Congrès. Cette décision reviendra à la justice. Une enquête a été lancée par le FBI après les événements d’hier, notamment pour retrouver et poursuivre les manifestants les plus violents qui se sont infiltrés dans le Capitole. 

Mais malgré tout, la justice américaine est ainsi faite que si le département de la Justice sous Joe Biden décide de poursuivre Donald Trump, cela sera vu comme un acte politique. Le même constat avait été fait par les observateurs après l’appel en Géorgie du président. Une telle décision pourrait donc augmenter les tensions et les violences, et pourrait donc être évitée par la justice du pays. 

En résumé 

Procès, destitution ou 25ème amendement, tout est possible pour retirer le pouvoir présidentiel à Donald Trump, à condition qu'une vaste majorité de la caste politique américaine se mette d'accord sur le sujet. À l'heure actuelle, si beaucoup, même du côté républicain, contestent le comportement de l'ancien homme d'affaires, il reste probable que les éventuelles poursuites engagées ne le soient que pour la forme, et n'aboutissent pas à une condamnation ou un départ avant l'heure du bureau ovale. Reste à savoir si des élus voudront malgré tout marquer le coup dans les heures et jours à venir. 

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