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Asie : l'Iran rejoint l'alliance russo-chinoise

Le président iranien Ebrahim Raïssi (ici le 21 juin 2021 à Téhéran) a chaleureusement remercié les huit Etats membres de l'OCS. [ATTA KENARE / AFP]

Les membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), une alliance politico-commerciale menée par la Russie et la Chine, ont voté vendredi en faveur de l'adhésion de l'Iran.

«Aujourd'hui, nous allons lancer les procédures pour faire entrer l'Iran en tant que membre de l'OCS», a déclaré le président chinois Xi Jinping à l'occasion d'un sommet de l'OCS qui s'est tenu cette semaine à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan. 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a précisé à la télévision iranienne que le processus d'adhésion serait finalisé dans un délai compris entre un an et un an et demi.

Un immense marché

L'OCS inclut l'Inde, le Pakistan et plusieurs pays d'Asie centrale comme le Kazakhstan, le Kirghizistan et l'Ouzbékistan. Ce vaste organisme de coopération eurasiatique représente pas moins de 50 % de la population mondiale et plus de 20 % du PIB mondial. L'adhésion de Téhéran à l'OCS lui ouvre donc l'accès à un immense marché.

Soutenu par la Russie, l'Iran a demandé à rejoindre l'organisme dès 2008 mais sa candidature avait été ralentie par les sanctions imposées contre le pays par les Nations unies et Washington pour son programme nucléaire.

L'occident marginalisé en Eurasie

Dans son discours lors du sommet de l'OCS, le président iranien Ebrahim Raïssi a qualifié les sanctions américaines de «terrorisme économique», affirmant qu'elles représentaient «l'outil le plus important des pays hégémoniques pour imposer leur volonté aux autres».

Outre les avantages économiques, le gouvernement ultraconservateur iranien y voit aussi un avantage politique. «Le monde est entré dans une nouvelle ère. L’hégémonie et l'unilatéralisme ont échoué», a déclaré Ebrahim Raïssi vendredi. Selon lui, «la balance internationale penche désormais vers le multilatéralisme et la redistribution des pouvoirs vers des pays indépendants».

Profitant du retrait des Etats-Unis d'Afghanistan, la Russie et la Chine veulent s'imposer comme les maîtres de la région eurasiatique. Avec l'Iran, ils comptent un nouvel allié de poids.

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