Bien que le président russe, Vladimir Poutine se soit directement adressé aux mères de ses soldats actuellement postés en Ukraine, avançant «savoir à quel point elles sont inquiètes», et tentant de les rassurer, celles-ci ont partagé leurs désespoirs et inquiétudes auprès de la BBC.
Elles sont des mères, des grands-mères, des sœurs ou encore des petites amies à s’inquiéter pour les soldats russes partis au combat en Ukraine. «Des jeunes hommes qui semblent n’avoir aucune idée de ce qu’ils étaient envoyés faire», explique le média britannique. Et d’après le témoignage de certaines d’entre elles, dont les noms ont été modifiés, les unités militaires refusent de donner des informations. C’est par exemple le cas de Marina, qui après une semaine sans nouvelle de son petit-fils, Nikita, a commencé à passer des appels à l’armée russe.
«J’ai téléphoné son unité militaire, ils ont dit qu’il n’avait pas quitté la Russie, j’ai répondu qu’ils plaisantaient car il m’avait contacté depuis la Biélorussie. J’ai ensuite répondu qu’ils ne savaient pas où se trouvaient leurs soldats et ils ont alors raccroché et ne m’ont jamais rappelé», explique-t-elle, craignant le pire. Comme de nombreux autres, le petit fils de Marina est un conscrit. Et en Russie, les jeunes hommes âgés de 18 à 27 ans, qui n’ont pas d’obligation d’étude ou parentale, sont enrôlés dans l’armée durant une année.
Selon le récit de la grand-mère, au cours des premiers jours de service de Nikita, des représentants d’unités militaires sont arrivés dans leur région, dans l’espoir d’amener des conscrits à devenir des soldats sous contrat afin de prolonger leur service-militaire et de gagner un salaire. «Ils l’ont convaincu et lui ont promis qu’il pourrait prendre une retraite anticipée, qu’il aurait un salaire stable et qu’il apprendrait à conduire».
Ainsi, au-delà de recevoir un maigre salaire de 18.000 roubles, soit 125 euros, et de bénéficier d’un logement gratuit, le jeune homme devait également se payer l’uniforme et l’essence, et vivait dans des «conditions glaciales puisqu’il n’y avait ni chauffage, ni eau chaude», a relaté Marina.
D'après les dernières nouvelles de celui-ci datant du 23 février dernier, il a affirmé à sa mamie qu’ils effectuaient «des exercices à répétition et qu’ensuite il rentreraient chez eux». Mais celle-ci reste certaine que son petit-fils n’avait aucune idée qu’il serait envoyé au combat en Ukraine.
Un sentiment d'impuissance
Comme cette grand-mère, une autre femme prénommée Galina a expliqué au quotidien anglais, avoir réalisé que son fils Nikolai se trouvait en Ukraine lorsque sa sœur a repéré sa photo sur la page Facebook du chef des forces armées ukrainiennes, «en tant que prisonnier de guerre».
«Je ne sais pas quoi faire, les médias sont silencieux sur le fait que nos hommes ont été capturés, ou ils ne savent tout simplement pas», a paniqué la maman du jeune homme avant de maintenir que «son enfant n'est pas allé en Ukraine de son plein gré, le commandant en chef l'y a envoyé». «À quelle porte dois-je frapper pour récupérer mon enfant ?», a-t-elle demandé dans un sentiment de désespoir.
Une impuissance partagée par cette autre mère dont le fils a également travaillé comme soldat sous contrat, et a été envoyé pour «des exercices». Cette autre maman, précise que «si elle avait su où son fils se trouve, elle aurait fait ses valises» pour aller le chercher.
Vendredi, le Pentagone a estimé qu’un nombre important d’hommes russes enrôlés au combat en Ukraine sont des conscrits, «ce qui expliquerait leur inexpérience et leur manque de conscience de ce qu’ils étaient censés faire», selon BBC.
![L'armée russe est endeuillée par la mort de trois de ses militaires. Photo d'illustration[DELIL SOULEIMAN / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_1ss9t1-taille1200_5fa93dec16269_0.jpg?itok=eeQN8i3I)