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Les Etats-Unis réclament la suspension de la Russie du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU

Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, s'était déjà adressée à l'Assemblée générale des Nations unies, le 23 mars dernier, à New York.[MICHAEL M. SANTIAGO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP]

En réponse «aux images de Boutcha», la Russie pourrait être «suspendue» du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. C'est en tout cas ce que demandent les Etats-Unis et le Royaume-Uni, après la découverte de nombreux cadavres de civils dans cette ville ukrainienne.

Cette suspension pourrait faire l'objet d'un vote de l'Assemblée générale des Nations unies dès ce jeudi, selon Washington. Sur Twitter, l'ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a estimé que «nous ne pouvons pas laisser un Etat membre qui est en train de saper tous les principes qui nous tiennent à coeur participer au Conseil des droits de l'Homme».

La diplomate s'est par ailleurs adressée aux 140 pays sur les 193 que compte l'ONU qui ont «déjà voté pour condamner» l'invasion russe de l'Ukraine dans une résolution de l'Assemblée générale début mars, leur intimant de «passer de la parole aux actes».

«On ne peut pas laisser la Russie utiliser son siège au Conseil comme outil de propagande lui permettant de suggérer qu'elle a une préoccupation légitime au sujet des droits humains [...] En étroite coordination avec l'Ukraine et les autres Etats membres et partenaires à l'ONU, les Etats-Unis vont travailler à la suspension de la Russie du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU», a poursuivi Linda Thomas-Greenfield.

Lors d'un entretien avec la radio américaine NPR, la diplomate a précisé que l'objectif américain était de procéder au vote «aussi vite que possible - cette semaine et possiblement dès jeudi».

Le Royaume-Uni a apporté son soutien à cette démarche puisque la cheffe de la diplomatie britannique, Liz Truss, a affirmé que «la Russie ne peut pas demeurer membre du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU» en raison d'une «forte présomption de crimes de guerre» et des informations faisant état de «fosses communes et de tuerie atroce à Boutcha».

«C'est du jamais vu»

Au cours d'une conférence de presse, l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a jugé cette annonce américaine «incroyable». «Ce que l'Occident essaie de faire avec la Russie, en essayant de l'exclure des forums multilatéraux que nous avons dans le monde (...), c'est du jamais vu, a-t-il réagi. Cela ne facilitera ni n'encouragera, ni ne sera utile, à ce qui se passe entre Russes et Ukrainiens dans les pourparlers de paix».

Interrogé sur la position d'Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, au sujet d'une telle suspension, son porte-parole adjoint, Farhan Haq, a répondu que «le soin de décider» reviendrait aux Etats membres. Il a néanmoins ajouté : «Ce qui inquiète ici, c'est le précédent créé par cette situation», sans préciser davantage sa pensée.

Une telle suspension ne peut être décidée que par l'Assemblée générale des Nations unies, lors d'un vote par acclamation ou à la majorité des deux tiers des Etats membres présents qui voteraient pour ou contre. Les abstentions ne sont pas prises en compte dans cette majorité requise, que les Etats-Unis et le Royaume-Uni pensent pouvoir obtenir.

En mars 2011, l'Assemblée générale de l'ONU avait approuvé par acclamation la suspension de la Libye du Conseil des droits de l'Homme. Mais il ne s'agissait pas alors d'un membre permanent du Conseil de sécurité, comme c'est le cas de la Russie. 

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