Dans un contexte de vives tensions au Moyen- Orient, les Etats-Unis ont frappé des sites nucléaires iraniens dimanche dernier. Par la suite, l'Iran a riposté en ciblant une base américaine située à Doha, au Qatar, hier soir. Plusieurs spécialistes ont évoqué la possibilité que l'Iran utilise une «bombe sale». Mais de quelle arme parle-t-on ?
En riposte aux bombardements de trois sites nucléaires iraniens par les Etats-Unis, l'Iran a visé hier une base américaine située à Doha, au Qatar. Ce contexte de vives tensions au Moyen-Orient laisse penser que l'Iran pourrait avoir recours à une «bombe sale».
Marc Lefèvre, citoyen franco-israélien et expert en sécurité nucléaire, a affirmé auprès de Marianne que l'Iran conserve «une capacité de nuisance importante» notamment en fabriquant facilement une «bombe sale» avec de la matière radioactive.
Un engin explosif contenant des éléments toxiques ou radioactifs
La «bombe sale» dispose d’une autre appellation, plus officielle : dispositif de dispersion radiologique (DDR). Techniquement, il s’agit d’un engin composé d’une charge explosive traditionnelle (par exemple, de la dynamite), à laquelle a été ajouté des éléments toxiques ou radioactifs. Pour le nucléaire, il peut s’agir de poudre, de pastilles, mais aussi de déchets, pouvant provenir de l’industrie, du monde médical, de l’armée ou de la recherche.
A ce titre, la «bombe sale» n’est pas considérée comme nucléaire, dans le sens où son explosion n’est pas atomique. Son utilité première est de contaminer toute une zone géographique et les personnes s’y trouvant. Les éléments radioactifs qu’elle contient vont en effet se propager dans l’air sous forme de particules. Les civils ou soldats à proximité peuvent donc subir les radiations directes, mais aussi inhaler des particules.
«une arme de perturbation massive»
Reste que les spécialistes s’accordent à dire que la plupart de ces bombes ne sont pas suffisamment chargées en éléments radioactifs pour tuer ou contaminer gravement des personnes instantanément. La commission de régulation nucléaire américaine estime ainsi qu’«une bombe sale n’est pas une arme de destruction massive, mais une arme de perturbation massive, qui vise principalement à contaminer et faire peur».
En effet, même si sa déflagration est un grave danger, c’est surtout sa capacité à polluer l’air, l’eau, le sol, les aliments, sur un large territoire, qui est mise en avant. Avec, évidemment, l’impact psychologique sur la population.
En ce qui concerne la situation au Moyen-Orient, «le plus grand risque, c’est que l’Iran dispose encore de suffisamment d’uranium enrichi pour fabriquer une bombe atomique, mais le scénario le plus probable est qu’il crée "une bombe sale"», a expliqué l'ancien colonel Roger Housen à 7sur7.