Volodymyr Zelensky a affirmé ce mercredi que des missiles de croisière «Flamingo», de fabrication ukrainienne, ont frappé une usine d'armement située dans le centre de la Russie.
Une arme indépendante des livraisons occidentales. Capable de traverser «3.000 kilomètres» et de transporter «1.000 kilogrammes» d'explosifs à une vitesse de «926 km/h», le «Flamingo», un missile de croisière de fabrication 100% ukrainienne, a été utilisé pour frapper une usine d'armement russe, dans le centre de la Russie, a confirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky ce mercredi.
«La nuit dernière, des FP-5 Flamingo ukrainiens ont frappé une usine militaire à Tcheboksary - une ville russe située à quelque 1.000 km de la frontière et à 600 km de Moscou - qui fournit à l'armée russe des composants pour des drones et des missiles», a déclaré le président ukrainien. Il a publié une vidéo montrant un missile se dirigeant vers sa cible et des panaches de fumée au-dessus d'un bâtiment.
We continue to apply Ukrainian long-range sanctions against Russian military facilities and the oil industry. In particular, last night Ukrainian FP-5 Flamingos struck a military plant in Cheboksary that supplies the occupier’s army with components for drones and missiles. I… pic.twitter.com/WdA2yUhsyC
— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) June 10, 2026
«production de masse»
«Tôt ce matin, Tcheboksary a été la cible d'une attaque. Nous travaillons à déterminer le nombre de victimes et l'ampleur des dégâts causés aux infrastructures», a indiqué pour sa part Oleg Nykolaev, le gouverneur local. Kiev a également frappé une raffinerie de pétrole dans la région de Samara, en Russie, ainsi qu'un pétrolier russe en mer Noire, a indiqué l'état-major ukrainien ce mercredi.
Les premières photos du nouveau missile de croisière «Flamingo» ont récemment été publiées par l’agence de presse américaine AP. La «production de masse» de ce missile de conception ukrainienne aurait déjà commencé, d’après le journaliste Efrem Lutasky. Sa portée couvrirait l’ensemble de la Sibérie, mais aussi, en théorie, l’Europe de l’Ouest et une partie de l’Afrique du Nord.
D’après le média spécialisé Air & Cosmos, le missile ressemblerait trait pour trait au FP-5 britannique.
Ukraine 🇺🇦 has created its first “Flamingo” long-range missiles, which can reach a range of up to 3,000km
It can reach 70 of 90 Russian air bases, including all of Russia’s major missile and drone factories. Hopefully, the Flamingo missile is successful and will be mass-produced pic.twitter.com/gfPkP9umOb— Ukraine Battle Map (@ukraine_map) August 17, 2025
Kiev avait déjà testé ce missile en août 2025, mais son utilisation reste relativement rare. L'Ukraine produit certains missiles «longue portée» (Flamingo, Neptune) et reçoit de ses alliés européens des missiles de croisière Scalp français et Storm Shadow britanniques, mais en petites quantités. Les Américains n'ont jusqu'ici pas livré les missiles Tomahawk que Volodymyr Zelensky espérait.
Une montée en puissance de l’armement ukrainien
Cette nouvelle arme illustre la montée en puissance de l’industrie de défense ukrainienne. En novembre, Volodymyr Zelensky annonçait déjà la fabrication de 100 missiles «maison». En avril, il affirmait que 40% des armes utilisées sur le front étaient désormais produites localement, à commencer par les drones, dont 95% sont fabriqués dans le pays.
Le missile balistique Sapsan (700 km de portée) et le drone-missile Palianytsia avaient déjà marqué un cap. Mais avec le Flamingo, Kiev franchit une étape supplémentaire : frapper bien au-delà de Moscou, jusqu’aux monts Oural, voire la Nouvelle-Zemble arctique.
Ces frappes de missiles sont les dernières en date d'un nombre croissant d'actions offensives menées sur le territoire russe par Kiev, plus de quatre ans après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.