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Israël : appel à la grève générale, manifestations... Tout comprendre au mouvement de protestation contre la réforme de la justice

De gigantesques manifestations se succèdent à Tel-Aviv depuis la présentation du projet de réforme de la justice. [REUTERS/Oren Alon]

Le projet de réforme de la justice du gouvernement de Benjamin Netanyahou provoque une mobilisation populaire historique en Israël. Un appel à la grève générale, lancé ce lundi 27 mars, fragilise encore un peu plus la coalition de droite et d'extrême droite au pouvoir.

une réforme de la justice contestée

Le gouvernement de Benjamin Netanyahou porte depuis le début d'année une réforme de la justice qui vise à accroître le pouvoir des élus sur celui des magistrats. Le texte prévoit notamment un changement dans le processus de nomination des juges et introduit une clause «dérogatoire» permettant au Parlement d'annuler à la majorité simple une décision de la Cour suprême. 

Pour ses détracteurs, le projet de loi met en péril la démocratie israélienne et n'a d'autre but que de permettre à Benjamin Netanyahou d'échapper à son procès pour fraude et corruption.

une mobilisation historique

Les manifestations se succèdent chaque semaine en Israël depuis la présentation en janvier du projet de loi. Une mobilisation populaire rarement observée dans l'histoire du pays.

Dimanche soir, des milliers de personnes sont encore descendues dans la rue à Tel-Aviv après le limogeage par Benjamin Netanyahou de son ministre de la Défense, Yoav Gallant, qui avait plaidé publiquement la veille pour une pause dans la réforme, en exprimant des craintes pour la sécurité d'Israël.

Ce lundi, le président Isaac Herzog a appelé le gouvernement à «stopper immédiatement» le travail législatif sur le projet de réforme judiciaire «au nom de l'unité du peuple d'Israël», après une nuit marquée par des heurts entre manifestants et policiers à Tel-Aviv.

La plus grosse centrale syndicale israélienne a elle appelé à «une grève générale» immédiate, exigeant l'arrêt du projet de réforme de la justice en cours d'examen au Parlement et qui divise profondément le pays. Cette annonce a été suivie d'une autre, de l'Association médicale israélienne, décrétant elle aussi une grève générale devant affecter les hôpitaux et services médicaux publics.

Benjamin Netanyahou et sa coalition fragilisés

Chef du parti de droite Likoud, Benjamin Netanyahou a fait son retour au pouvoir en novembre dernier avec une coalition qui réunit des partis d'extrême droite et des religieux ultra-orthodoxes.

Inculpé pour corruption, fraude et abus de confiance dans diverses affaires, il s'est personnellement impliqué dans la réforme de la justice, s'attirant les foudres de la procureure générale du pays Gali Baharav-Miara. Après avoir annoncé jeudi que le projet de loi modifiant la composition de la commission de nomination des juges serait soumis au vote des députés «la semaine prochaine», Benjamin Netanyahou a été rappelé à l'ordre.

«Vous devez éviter toute implication dans les changements dans le système judiciaire et notamment dans le processus de nomination des juges car cela vous place dans une situation de conflit d'intérêts», a écrit la procureure générale dans une lettre adressée au chef de gouvernement et publiée par le ministère de la Justice.

Mis au pied du mur par la rue, Benjamin Netanyahou pourrait s'exprimer dans la journée pour annoncer un report de la réforme, selon les médias israéliens. La coalition qui l'a porté au pouvoir pourrait ne pas survivre à cet épisode. Selon Le Monde, le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, du parti suprémaciste Otzma Yehudit («puissance juive»), aurait menacé de faire tomber le gouvernement si le projet était suspendu. 

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