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Gambie : l’excision restera interdite, a annoncé le Parlement

Selon l’Unicef, 200 millions de filles et de femmes ont été victimes de ces mutilations. [Muhamadou BITTAYE/AFP]

Depuis mars dernier, l’exécutif gambien se penchait sur un texte de loi qui entendait de nouveau légaliser l'excision. Ce lundi 15 juillet, le projet a été écarté.

Une pratique interdite depuis 2015. Ce lundi 15 juillet, la Gambie a rejeté une proposition de loi visant à dépénaliser l'excision et les mutilations génitales féminines, après des mois de controverse et de pressions internationales. 

Les députés ont rejeté tous les amendements proposés au texte de 2015 et qui auraient dépénalisé la pratique. S'ils avaient voté en faveur du texte, la Gambie, petit pays d'Afrique de l'Ouest, serait devenu le premier au monde à annuler l'interdiction des mutilations génitales féminines, selon l'ONU. 

Selon l'Unicef, les mutilations génitales féminines (MGF) consistent en l’ablation partielle ou totale «des organes génitaux externes (des grandes lèvres, des petites lèvres et du clitoris, Ndlr) et tout acte portant atteinte aux organes génitaux féminins pour des raisons non médicales». Une pratique, qui au-delà du traumatisme qu’elle cause, peut entraîner de graves complications, de saignements au décès de la victime. 

76 % des Gambiennes de 15 ans à 49 ans 

Alors que le Parlement gambien - composé de plus de 90% d’hommes - étudiait le projet de loi, la commission de la santé a organisé des entretiens avec des médecins, des militants ou encore des religieux avant de publier un rapport recommandant le maintien de l'interdiction de l’excision. 

Ce texte avait également suscité l’indignation de la communauté internationale, poussant le secrétaire d’État américain, Anthony Blinken a contacter le président gambien, Adama Barrow, pour lui faire part de ses inquiétudes.  

Pourtant, la Gambie a ratifié le protocole de Maputo sur les droits des femmes et des filles dès 2005, dont l’article 5 interdit «toutes les formes de mutilations génitales féminines (MGF) et toutes les autres pratiques néfastes» et impose des sanctions pour que les gouvernements mettent fin à la pratique. 

Selon l’Unicef, 200 millions de filles et de femmes ont été victimes de ces mutilations. Dans un rapport paru en 2021, elle estimait que 76 % des Gambiennes de 15 ans à 49 ans avaient subi des mutilations génitales et 75 % des Gambiennes de 15 ans à 19 ans. 

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