Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Luigi Mangione, tueur présumé d'un patron de l'assurance santé, incarcéré à New York

[© REUTERS/Eduardo Munoz]

Luigi Mangione, soupçonné d’avoir assassiné le directeur général d’UnitedHealthCare Brian Thompson, pour se venger contre le secteur de l’assurance santé, a été transféré ce jeudi 19 décembre à New York, où il a comparu pour la première fois devant la justice fédérale.

Un transfert soigneusement mis en scène. Ce jeudi, Luigi Mangione, soupçonné d’avoir assassiné un patron américain de l’assurance santé, Brian Thompson, a été transféré à New York, où il a comparu pour la première fois devant la justice fédérale. Les autorités américaines et les chaînes d’information ont montré le jeune homme de 26 ans, vêtu d’une combinaison orange, lentement escorté par des membres des forces de l’ordre casqués et mitraillette en bandoulière.

Le maire de New York, Eric Adams, qui dirige la police de la ville, accompagnait le cortège. Quelques manifestant ont également fait le déplacement devant les tribunaux où il a comparu, certains portant un tee-shirt à l’effigie de Luigi Mangione. Une pancarte a notamment été aperçue, proclamant : «Les pratiques de l’assurance santé terrorisent la population».

Quelques manifestant ont fait le déplacement devant les tribunaux où Luigi Mangione a comparu. © REUTERS/Jeenah Moon

Le diplômé d’ingénierie, un ancien étudiant brillant issu d’une famille aisée de Baltimore, a été présenté pour la première fois devant la juge fédérale Katharine Parker ce jeudi. Elle lui a lu les charges, dont celle d’avoir utilisé une arme à feu pour tuer, mardi 4 décembre dernier, en plein quartier des affaires de New York, Brian Thompson, le directeur général du premier assureur santé privé du pays, UnitedHealthCare.

Des faits passibles de la peine de mort ou de la prison à vie, a précisé le ministère américain de la Justice dans un communiqué.

Un «acte de terrorisme»

Dans la matinée ce jeudi, Luigi Mangione avait comparu devant un tribunal de l’État de Pennsylvanie proche de son lieu d’arrestation, lundi 9 décembre dernier. Il n’y a pas contesté son transfert à New York et il est arrivé dans le calme, contrairement au lendemain de son arrestation, où il était apparu agité et véhément, lançant : «C’est une insulte à l’intelligence du peuple américain».

Les poursuites fédérales s’ajoutent désormais à celles décidées par le parquet local de Manhattan, notamment pour meurtre lié à un «acte de terrorisme». Dans un document récapitulant les charges, les enquêteurs ont dit n’avoir aucun doute sur le fait que Luigi Mangione avait planifié son acte. Dans un carnet retrouvé sur lui lors de son arrestation, il avait écrit à la date du «8/15 (15 août, ndlr)» que «la cible, c’est l’assurance», parce qu’elle «coche toutes les cases». Au mardi 22 octobre dernier, il ajoutait : «1,5 mois. Une conférence des investisseurs est une véritable aubaine». Le matin du mercredi 4 décembre dernier, Brian Thompson devait participer à une conférence des investisseurs.

 

Le jour de son arrestation, Luigi Mangione portait aussi sur lui une lettre aux autorités, dans laquelle il prenait soin de préciser qu’il n’avait pas de complice.

La crainte d’un modèle pour les autorités américaines

Depuis mercredi 4 décembre dernier, l’assassinat a provoqué de nombreuses condamnations à l’encontre de Luigi Mangione, mais aussi un déluge de commentaires haineux sur les réseaux sociaux envers les programmes d’assurance santé américains, illustrant une colère profonde à l’égard d’un système accusé de privilégier le profit sur les soins et de refuser injustement des prises en charge médicales.

Les louanges dont il a bénéficié ont été condamnées par les autorités, et la police de New York s’est inquiétée, dans une note interne, que Luigi Mangione devienne un «exemple à suivre».

Pour la justice américaine, «Mangione a minutieusement planifié l’exécution de Brian Thompson dans le but de lancer un débat public sur le secteur de la santé». «Mais ce n’était pas un débat, c’était un meurtre», a souligné le procureur fédéral de Manhattan, Edward Y. Kim.

Selon les enquêteurs, Luigi Mangione a voyagé en bus d’Atlanta à New York une dizaine de jours avant le crime et s’est installé à l’hôtel, en utilisant un faux permis de conduire. Mercredi 4 décembre, vers 5h35 du matin, il sortait et attendait sa cible pendant une heure, dans la nuit noire, devant son hôtel, avant de lui tirer froidement dessus. Il prenait la fuite sur un vélo électrique, puis en taxi, et parvenait à quitter la ville.

Mais cinq jours plus tard, celui dont le visage partiellement masqué est apparu sur des caméras de vidéosurveillance, a été reconnu par un employé d’un McDonald’s dans la petite ville rurale d’Altoona, à 500 km à l’ouest de New York. Lorsque la police est arrivée sur place, Luigi Mangione a fourni le même permis de conduire qui a été utilisé dans l’hôtel de New York et les policiers ont retrouvé sur lui une arme similaire à celle utilisée pour tuer Brian Thompson.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités