Pour le pape François, l’année 2024 fut riche en événements. Voyages, synode ou écrits du souverain pontife ont rythmé l’actualité ecclésiastique. L’agence de presse I.Media nous livre sa rétrospective 2024.
Alors qu'il vient de fêter ses 88 ans le 17 décembre dernier, le pape François ne cesse de faire preuve d’une énergie débordante. Tantôt en Asie, tantôt en Belgique, tantôt en Corse, il poursuit ses déplacements dans le monde entier avec entrain. Voici les 12 dates qui ont marqué l’année 2024 du souverain pontife, selon l’agence I.Media.
11 janvier : l’Afrique dit non à «Fiducia supplicans»
En autorisant la bénédiction non-liturgique des couples homosexuels, par son document Fiducia supplicans publié fin 2023, le pape fait polémique. Les évêques africains ne manquent pas de réagir, publiant une déclaration pour refuser d'appliquer la demande pontificale. Egalement choquée par cette décision, en mars, l’Église copte-orthodoxe annonce la suspension de son dialogue théologique avec Rome.
12 janvier : une santé fragile
Pour le pape François, l’année 2024 commence difficilement. Atteint d’une infection respiratoire, le Saint-Père est contraint d’annuler de nombreux rendez-vous. Au fil de ces épisodes d’alertes, les rumeurs de démission et de prochain conclave vont bon train. Mais son état physique étonne à l’automne, au fil de ses voyages et de ses engagements, où il se montre infatigable.
3 avril : ses confidences sur Benoît XVI
Dans un livre d’entretien avec un vaticaniste espagnol, publié sous le titre Le Successeur, le pape François revient sur ses relations avec son prédécesseur Benoît XVI, décédé le 31 décembre 2022. Apportant un démenti à ceux qui voulaient les opposer, le pape argentin assure que, lors du conclave de 2005, le cardinal Joseph Ratzinger était son «candidat». Il explique le considérer comme «un enfant prodige de la théologie».
28 avril : le pape à Venise
Le pape François se rend à la Biennale de Venise, où il prononce un discours dans lequel il affirme que «le monde a besoin des artistes». Lors d’une messe, le pape encourage les Vénitiens à protéger le patrimoine écologique de la Sérénissime mais aussi «son patrimoine humain».
28 mai : le pape s’excuse après un terme offensant envers les personnes homosexuelles
«Le pape n’a jamais eu l’intention d’offenser ou de s’exprimer en termes homophobes, et il présente ses excuses à ceux qui se sont sentis offensés par l’utilisation d’un terme rapporté par des tiers». En ces termes, le Bureau de presse du Saint-Siège se fend d’un communiqué, alors qu’un mot du pape a déclenché la polémique dans la presse. À huis-clos devant les évêques italiens, le pontife aurait utilisé une expression italienne insultante – frociaggine, un dérivé de «tarlouze» – pour désigner des personnes homosexuelles. Un dérapage qui a suscité l’incompréhension de la part d’un pontife connu pour son ouverture pastorale pour les couples de même sexe.
14 juin : au G7, le pape évoque les dangers de l’IA
Soucieux de convaincre les responsables politiques d’agir juridiquement pour encadrer l’intelligence artificielle, François se déplace à Bari pour le sommet du G7. Il s’entretient notamment avec Emmanuel Macron, Volodymyr Zelensky et Justin Trudeau. Depuis 2020, le Saint-Siège est investi pour promouvoir une éthique de l’IA face à un outil «fascinant et redoutable ».
2-13 septembre : la grande tournée en Asie et en Océanie
Avec 44 heures de vol et 32 000 km parcourus, la grande tournée de septembre en Asie et Océanie bat tous les records de voyages du pape François. En Indonésie, François encourage une Église minoritaire à trouver sa place aux côtés de la plus grande population musulmane du monde. Pour la première étape océanienne de son pontificat dans la verdoyante Papouasie-Nouvelle-Guinée, il se fait missionnaire de paix contre les violences endémiques qui ravagent ce pays.
26-29 septembre : le difficile voyage en Belgique
Le voyage du pape en Belgique s’avère être l’un des plus difficiles de son pontificat. Lors de leurs discours d’accueil au Palais royal, le roi et le Premier ministre interpellent le pape sur les scandales d’abus sexuels commis par des prêtres. Plus tard, lors de la messe célébrée au stade Roi-Baudouin, le pape annonce ouvrir le procès en béatification du roi Baudouin, en raison de son opposition à la légalisation de l’avortement. Une annonce qui lui vaudra d’être fortement critiqué.
2-27 octobre : le Synode sur la synodalité
Pour réfléchir à une Église catholique plus inclusive, plus participative et moins cléricale, le pape préside la deuxième session du Synode sur la synodalité. Partage du gouvernement, réforme des séminaires, accès des femmes au diaconat… les conclusions de cette session de travail seront rendues en juin prochain.
22 octobre : l’accord avec la Chine reconduit pour 4 ans
Pour la troisième fois, le Saint-Siège et la Chine renouvellent l’accord pastoral de 2018 qui régit les procédures de nomination des évêques en Chine. Si le texte reste provisoire et secret, la diplomatie pontificale du cardinal secrétaire Pietro Parolin obtient une avancée concrète : l’accord est reconduit pour quatre ans, et non plus deux.
7 décembre : le pape crée 20 cardinaux électeurs
Le pape continue de composer le collège chargé d’élire son successeur en nommant 21 cardinaux dont 20 ont moins de 80 ans et pourraient donc voter en cas de conclave. Dans sa 10e promotion, François choisit notamment des profils en phase avec les réformes pastorales lancées depuis 2013, comme le théologien Timothy Radcliffe ou bien l’archevêque d’Alger Jean-Paul Vesco. Sur les 140 cardinaux électeurs actuels, le pape en a nommé près de 80 %.
15 décembre : le pape choisit la Corse plutôt que Notre-Dame
Préférant une fois de plus les périphéries au centre, il crée la surprise en choisissant de se rendre en Corse, à l’occasion d’un colloque sur la religiosité populaire organisé par l’évêque d’Ajaccio, le cardinal François Bustillo, plutôt que d’assister à la réouverture de Notre-Dame de Paris. À Ajaccio, le pape met en valeur une “saine laïcité” dont la Corse, où les traditions catholiques demeurent très ancrées, représente à ses yeux un modèle.