Le gouvernement israélien a annoncé l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec le Hamas dans la bande de Gaza, assortie de la libération de trois otages israéliennes, en échange de détenus palestiniens.
Un premier pas vers la paix. Annoncé mercredi par le Qatar et les États-Unis, un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur ce dimanche 19 janvier, avant, selon les négociateurs, de déboucher sur «une fin définitive de la guerre». Négocié depuis plusieurs jours, l’accord devrait connaître trois phases, dont la première va conduire à la libération d'otages israéliens et palestiniens.
un accord en trois phases
Le Conseil des ministres a approuvé tôt ce samedi le plan, malgré l'opposition de ministres d'extrême droite. La trêve doit entrer en vigueur ce dimanche, le Qatar a indiqué qu'il serait effectif à partir de 8h30, heure locale (7h30 à Paris). Le Hamas a déjà annoncé avoir approuvé les termes de l'accord et s'engager à les respecter. Dans sa recommandation en faveur du projet, le cabinet de sécurité israélien avait jugé, «après avoir examiné tous les aspects politiques, sécuritaires et humanitaires de l'accord proposé», que celui-ci soutenait «la réalisation des objectifs de guerre».
L'accord, fruit de laborieuses négociations, a été débloqué à l'approche du retour lundi de Donald Trump à la Maison Blanche. Outre les premières libérations d'otages, la première phase comprend, selon le président américain Joe Biden, «un cessez-le-feu total», un retrait israélien des zones densément peuplées et une augmentation de l'aide humanitaire. La deuxième phase doit permettre la libération des derniers otages, avant la troisième et dernière étape consacrée à la reconstruction de Gaza et à la restitution des corps des otages morts en captivité.
Pendant la première phase seront négociées les modalités de la seconde, puis «une fin définitive de la guerre», selon le Premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani. Vendredi, des médiateurs égyptiens, qataris, américains et israéliens sont tombés d'accord sur la mise en place d'une salle d'opérations conjointe au Caire, pour «assurer une coordination efficace» et le respect des conditions de la trêve, et de faciliter l'entrée de 600 camions d'aide par jour, a indiqué un source égyptienne informée à Al-Qahera News.
Libération des otages
Dans le détail, la première phrase prévoit donc la libération de 33 otages retenus dans la bande de Gaza depuis le 7-Octobre. En échange, Israël relâchera 737 prisonniers palestiniens, a annoncé le ministère de la Justice, précisant que leur libération n'interviendra pas avant 16h dimanche (14h GMT). Selon un responsable militaire israélien, trois points d'accueil ont été mis en place sur la frontière avec Gaza, d'où les otages, pris en charge par des médecins, seront conduits vers des hôpitaux.
Les autorités israéliennes ont désigné vendredi 95 détenus libérables dès dimanche, des femmes et mineurs en majorité. Selon deux sources proches du Hamas, le premier groupe devrait notamment être composé de trois Israéliennes. Deux Franco-Israéliens, Ofer Kalderon, 54 ans, et Ohad Yahalomi, 50 ans, figurent aussi au sein de la liste des 33 premiers otages libérables, selon Paris. Tous deux avaient été enlevés dans le kibboutz Nir Oz avec plusieurs de leurs enfants, libérés lors de la première trêve en novembre 2023.
Côté palestinien, parmi les prisonniers appelés à être libérés se trouve Zakaria Zubeidi, responsable de plusieurs attentats contre des civils israéliens et ex-leader des Brigades d'Al-Aqsa, la branche armée du parti Fatah. La fin définitive des hostilités sera négociée durant la première phase.
Quel avenir pour Gaza ?
Le cessez-le-feu laisse en suspens l'avenir politique de Gaza, où le Hamas a pris le pouvoir en 2007. L'Autorité palestinienne, rivale du mouvement islamiste, est prête à «assumer pleinement ses responsabilités» à Gaza, a déclaré vendredi son président, Mahmoud Abbas dans sa première déclaration après l'annonce de l'accord. Considérablement affaibli, le Hamas est toutefois encore loin d'être anéanti, contrairement à l'objectif qu'avait fixé Benjamin Netanyahou, selon des experts.
La guerre, qui a provoqué à Gaza un niveau de destructions «sans précédent dans l'histoire récente», selon l'ONU, et le déplacement de la quasi-totalité de ses 2,4 millions d'habitants, a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sanglante du Hamas en Israël. Elle a entraîné la mort de 1.210 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles israéliennes.
Sur 251 personnes enlevées, 94 sont toujours otages à Gaza, dont 34 sont mortes selon l'armée. Au moins 46.876 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans la campagne militaire israélienne de représailles à Gaza, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l'ONU.