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«Un désastre environnemental» : annoncée comme le futur de l'énergie, cette usine solaire gigantesque ferme déjà au bout de 11 ans

Plus de 170.000 miroirs redirigent la chaleur des rayons du soleil vers des tours afin de produire de la vapeur, qui alimente des turbines pour produire de l'électricité. [Ethan Miller / Getty Images via AFP]

L'un des propriétaires de la centrale solaire d'Ivanpah située dans le désert de Mojave (Etats-Unis), a annoncé sa fermeture pour 2026. En cause, des difficultés techniques nuisant à son efficacité et une concurrence trop forte de l'énergie photovoltaïque.

Elle devait révolutionner la production d'électricité et s'est transformée en un «désastre environnemental». Seulement 11 ans après son entrée en service, la centrale solaire d'Ivanpah va bientôt fermer ses portes. Installée dans le désert de Mojave, à la frontière entre la Californie et le Nevada, elle occupe 1.420 hectares de terrain.

Elle est constituée d'environ 170.000 miroirs, appelés héliostats, contrôlés par ordinateur. Ils pivotent tout au long de la journée pour concentrer la chaleur des rayons du soleil vers d'immenses réservoirs d'eau juchés, sur des tours à près de 140 mètres de hauteur. Ainsi réchauffés, ils produisent de la vapeur, qui alimentent ensuite une turbine pour produire de l'électricité.

Une concurrence trop forte venue des panneaux solaires

Au total, le projet a coûté 2,2 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros), dont la moitié a été financée par des subventions publiques. «Ce projet est un symbole des progrès passionnants que nous observons dans l’ensemble du secteur», avait déclaré le secrétaire à l’Energie de l’époque, Ernest Moniz, lors l’inauguration du site.

Mais rien ne s'est passé comme prévu. «Ce genre de centrales est techniquement très difficile à exploiter», a expliqué Jenny Chase, une spécialiste du secteur à CNN. «Il est vraiment difficile d'aligner parfaitement tous les miroirs et de les maintenir en position sur une longue durée», a-t-elle poursuivi.

L'essor de l'énergie photovoltaïque a également porté un coup fatal à la centrale d'Ivanpah. À l'époque de sa construction «personne n'avait imaginé que les panneaux solaires et les batteries deviendraient aussi bon marché», a rappelé Jenny Chase. Si les contrats pour la fourniture d'électricité signés en 2009 étaient avantageux pour les entreprises publiques, ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Des milliers d'oiseaux brûlés vifs

Au point que l'une d'entre elles, Pacific Gas & Electric Company, a résilié son accord en janvier dernier avec l'exploitant de la centrale solaire, NRG Energy, précipitant ainsi sa fermeture prévue pour 2026. 

Une bonne nouvelle pour ses opposants. «C'était un gaspillage financier et un désastre environnemental», a déclaré Julia Dowell, à la tête d'une ONG locale. «La construction du projet a détruit un habitat désertique vierge et irremplaçable», a-t-elle expliqué à CNN.

L'emplacement de la centrale, située dans des zones de passage d'oiseaux migrateurs, a provoqué la mort de milliers d'entre eux, brûlés par la chaleur intense dégagée par les miroirs (environ 540°C dans les zones les plus chaudes).

Certains experts soulignent tout de même les aspects positifs de la centrale solaire d'Ivanpah. «Il y a 15 ans, on ne savait pas exactement quelles technologies solaires seraient les plus rentables», a déclaré Kenneth Gillingham, professeur d'économie à l'université de Yale.

«Choisir les gagnants est extrêmement difficile. Ce n'est pas un problème que certaines soient surclassées par d'autres, tant que l'innovation continue de se produire», a-t-il poursuivi.

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