Pourtant interdit en Indonésie, le parti Hizb ut-Tahrir a fait son retour dans le pays. Le mouvement islamiste qui prône un califat mondial était présent lors de manifestations propalestiniennes à travers tout le territoire indonésien.
Un mouvement extrême. Le parti Hizb ut-Tahrir est de retour en Indonésie. Pourtant interdit depuis 2017, plus de 17.000 membres du «parti de la libération» étaient présents dimanche 2 février dernier lors de manifestations propalestiniennes à travers tout le pays.
Il s’agissait ici de membres de la branche indonésienne du Hizb ut-Tahrir, qui a été fondée en 1953 à Jérusalem-Est, alors encore en Jordanie, par le palestinien Taqiuddin al-Nabhani et qui prône l’instauration d’un califat mondial dans lequel la charia serait appliquée.
L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a précisé dans une note que Hizb ut-Tahrir est «un mouvement politico-religieux visant à unir tous les musulmans». Néanmoins, dans sa forme originelle, «il n’appelle pas à la lutte armée et condamne le terrorisme» et entend prendre le pouvoir «sans violence grâce à un soutien populaire massif».
La doctrine du Hizb ut-Tahrir prévoit que le califat soit dirigé par un calife choisi par une assemblée de représentants élus du peuple. Ce dernier serait secondé par un émir «en charge des affaires militaires et des relations extérieures».
Le Hizb ut-Tahrir interdit dans de nombreux pays
Par ailleurs, la liberté religieuse serait en partie permise au sein de ce califat mondial. Néanmoins, «seules les religions citées dans le Coran seraient tolérées mais devraient payer un impôt».
Le Hizb ut-Tahrir se montre très critique envers Israël mais aussi les États-Unis et des États islamiques comme l’Arabie saoudite ou encore la République islamique d’Iran.
Si «le parti de la libération» prône une action non-violente et œuvre principalement via la propagande, l’Ofpra a précisé dans sa note que ce principe était remis en question par le concept de Nusrah, qui «autorise l’organisation à faire appel à une aide extérieure dans le cas où elle serait persécutée par les autorités d’un pays», ce qui pourrait prendre la forme d’un soutien armé.
Ainsi, le Hizb ut-Tahrir est interdit dans de nombreux pays et est considéré comme une organisation terroriste en Russie, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Égypte ou encore au Bangladesh, notamment en raison de ses positions antisémites et anti-israéliennes.
Aujourd’hui mené par l’ancien dirigeant de sa branche jordanienne, Ata Abu al-Rushta, le Hizb ut-Tahrir est considéré comme étant une organisation transnationale «présente notamment au Moyen-Orient, en Europe occidentale ou encore en Asie centrale» et est implantée «dans une quarantaine de pays».