Le département d'Etat américain a retiré de son site la mention selon laquelle les Etats-Unis ne soutiennent pas «l'indépendance de Taïwan». Inacceptable pour la Chine, qui a exigé la «correction de cette erreur».
La tension monte entre Pékin et Washington. Le département d'Etat américain tient sur son site internet un véritable annuaire de ses relations diplomatiques entretenues avec les pays du monde entier.
Ces pages sont plus ou moins régulièrement mise à jour, au grès de l'actualité internationale. Et l'une de ces actualisations n'est pas passée inaperçue. Le 14 février dernier, sur la page consacrée à Taïwan, la mention indiquant que les Etats-Unis ne «soutiennent pas l'indépendance» de l'île revendiquée par la Chine a disparu.
Pékin en colère, Washington minimise
Taipei a salué ce changement, qualifiant la nouvelle formulation de «positive» et estimant qu'elle illustrait «le partenariat étroit et amical entre Taïwan et les Etats-Unis». Il n'en fallait pas plus pour susciter la colère de la diplomatie chinoise.
«Cette modification représente une grave régression dans la position des Etats-Unis sur Taiwan [et] envoie un message gravement erroné aux forces séparatistes qui prônent l'indépendance de Taïwan», a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois Guo Jiakun lors d'une conférence de presse ce mardi 18 février.
Responding to an inquiry on the US State Department’s recent updating the fact sheet on its relations with Taiwan island by removing the previous statement that the US “does not support ‘Taiwan independence,’” Chinese Foreign Ministry spokesperson Guo Jiakun said on Monday that… pic.twitter.com/DfThu3HJyd
— Global Times (@globaltimesnews) February 17, 2025
«C’est une nouvelle preuve que les Etats-Unis adhèrent obstinément à la politique erronée consistant à utiliser Taïwan pour contenir la Chine. Nous exhortons les Etats-Unis à corriger immédiatement leur erreur», a ajouté Guo Jiakun, avertissant Washington de traiter la question taïwanaise avec «la plus grande prudence».
Dans un communiqué, le département d'Etat a en retour simplement évoqué une «mise à jour standard» et a rappelé que les Etats-Unis restaient attachés à leur «politique d'une seule Chine», ne reconnaissant que Pékin.
Le retour de Donald Trump menace la Chine
La diplomatie américaine a toujours évolué sur une ligne de crête vis à vis de Taïwan. Si elle n'a jamais reconnu une quelconque indépendance de l'île, elle dit «attendre que les différends entre les deux rives du détroit soient résolus par des moyens pacifiques, sans coercition, d'une manière acceptable pour les populations des deux côtés du détroit». Une façon de défendre Taipei sans trop froisser la Chine.
Cette montée des tensions entre Pékin et Washington autour d'un débat sémantique illustre bien l'état des relations entre les deux pays depuis le retour de Donald Trump. Durant son premier mandat, le président républicain s'était déjà frontalement opposé à la Chine.
Il avait augmenté les droits de douane sur les importations chinoises à plusieurs reprises et avait lancé des sanctions contre certaines entreprises du pays comme le géant de l'électronique Huawei. Le 2 février dernier, Donald Trump a repris sa guerre commerciale contre la Chine en décrétant une nouvelle augmentation de 10% des tarifs douaniers du pays.
Les nominations de Marco Rubio au poste de secrétaire d'Etat et de Pete Hegseth à la Défense avaient déjà contribué à refroidir les relations entre les deux pays.
Le premier est un fervent opposant au régime de Xi Jinping et le second déclarait régulièrement que la Chine voulait vaincre les Etats-Unis et dominer le monde, lorsqu'il travaillait sur la chaîne conservatrice Fox News.