L'Europe est une des régions les plus nucléarisées au monde, avec trois pays qui disposent de la bombe atomique et cinq Etats membres de l'OTAN qui hébergent ces armes sur leur territoire. Mais seul un pays de l'UE possède l'arme nucléaire. Voici lequel.
Des arsenaux hautement stratégiques. Depuis l'explosion de la première bombe atomique le 16 juillet 1945 dans le désert du Nouveau-Mexique aux Etats-Unis, l'aboutissement du projet «Manhattan» initié en pleine Seconde Guerre mondiale, plusieurs pays du monde se sont dotés de l'arme nucléaire. Et si le sujet est récemment revenu sur le tapis, c'est en raison de la volonté des États-Unis et de l'Europe de contrer les ambitions nucléaires iraniennes, avec le conflit israélo-palestinien en toile de fond.
En Europe si l'on s'en tient au continent au sens large, l'URSS a effectué son premier essai en 1949, suivi du Royaume-Uni en 1952 et de la France en 1960. Ces deux Etats sont, avec la Russie, les seuls à disposer de la capacité nucléaire sur le continent. Reste qu'au sein de l'Europe sur le plan restreint, le Royaume-Uni et la France sont les deux alliés à détenir des têtes nucléaires. Quant à l'UE, la France est seule.
La Russie première puissance nucléaire européenne
Paris et Moscou disposent de trois vecteurs pour utiliser leurs armes atomiques : les missiles balistiques intercontinentaux (la composante terrestre), les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE, la composante maritime) et les projectiles tirés par des avions (la composante aérienne). Londres n'a à sa disposition qu'une flotte de SNLE.
Décryptage. Le Rafale franchit une étape cruciale avec l'arrivée du standard F5.
Ce nouveau modèle sera accompagné d'un drone furtif de combat et sera capable d’emporter le futur missile nucléaire hypersonique, l'ASN4G.
Retour sur cette avancée stratégique pour les forces… pic.twitter.com/SB1HBxdYi5— Ministère des Armées (@Armees_Gouv) October 9, 2024
Si les trois pays d'Europe continentale peuvent mettre en œuvre la dissuasion nucléaire, leurs arsenaux respectifs ne sont pas comparables. Selon la Fédération of American Scientists (FAS), une association créée en 1945 pour partager les connaissances sur l'arme atomique, la Russie possédait en 2024 5.580 têtes nucléaires, contre 290 pour la France et 225 pour le Royaume-Uni.
Des bombes nucléaires américaines dans cinq pays de l'OTAN
Et ce ne sont pas les seuls États à abriter des bombes atomiques sur leur territoire. L'Italie, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique et la Turquie ont reçu une centaine d'armes tactiques américaines dans le cade de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).
Outre la protection du parapluie nucléaire américain, qui bénéficie à tous les autres membres, ces cinq pays doivent entretenir conjointement le matériel (aéronefs, projectiles) nécessaire à sa mise en œuvre. Mais le retour de Donald Trump à la Maison Blanche le 20 janvier pourrait plausiblement modifier cette organisation.
Après sa réélection, le président américain avait en effet multiplié ses attaques contre l'OTAN, menaçant même de la quitter si les Européens n'investissent pas plus pour financer leur défense. Dans un entretien accordé à plusieurs médias français, dont le JDD, samedi 1er mars, Emmanuel Macron avait de son côté appelé au «réveil stratégique» de l'Europe face à l'«incertitude sur le soutien américain dans la durée».
Le président de la République s'était également dit prêt à «ouvrir la discussion» sur une dissuasion nucléaire européenne après l'affrontement verbal entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump à Washington, qui laissait craindre un désengagement des Etats-Unis en Ukraine et une rupture historique de leur alliance avec les Européens.
Le futur chancelier allemand Friedrich Merz avait, lui, jugé nécessaire que l'Europe se prépare «au pire scénario» d'une OTAN dépourvue de la garantie de sécurité américaine, y compris nucléaire.
La situation est-elle toujours la même quelques mois après ces déclarations ? Pas vraiment, car l'escalade de la menace nucléaire entre l'Iran et les États-Unis a grimpé d'un cran lorsque Donald Trump a donné son aval pour une intervention militaire sur le régime de Téhéran, avec le conflit israélo-palestinien en toile de fond. À suivre donc.