Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

«Jusqu’à 25 fois plus puissant que le fentanyl» : qu'est-ce que le kush, cette drogue redoutable devenue un fléau en Afrique ?

La boulette de kush est vendue pour 100 dollars libériens (soit environ 50 centimes d’euros). [JOHN WESSELS / AFP]

Une nouvelle drogue dure fait des ravages sur une grande partie de la côte ouest de l'Afrique : le kush mélange plusieurs substances différentes, jusqu'à le rendre 25 fois plus puissant que le fentanyl. 

C’est la nouvelle drogue qui inquiète de plus en plus l’Afrique. Le «kush» se répand sur le flanc ouest du continent, notamment en Sierra Leone mais aussi au Liberia, en Guinée ou encore au Sénégal.

Cette drogue synthétique fait des ravages chez les plus jeunes, surtout dans les bidonvilles de Freetown (Sierra Leone), au point qu’en avril dernier, le président du pays a lancé un état d’urgence nationale face à la consommation de drogues dans le pays.

De même pour son homologue du Liberia, pays frontalier de la Sierra Leone. Là-bas, la boulette est vendue pour 100 dollars libériens (soit environ 50 centimes d’euros), puis est fumée. 

La composition exacte de cette drogue était, est reste inexacte. Au départ, les rumeurs évoquaient une composition à base d’os humains et de mort-aux-rats, comme le relèvent nos confrères du Monde.

«Un opioïde synthétique très addictif et mortel»

Finalement, et après des tests publiés dans un rapport de l’Initiative globale contre le crime organisé transnational (GI-TOC), paru le 25 février, plus de 50 % des échantillons analysés contiendraient des nitazènes, «un opioïde synthétique très addictif et mortel», comparable au fentanyl, un redoutable analgésique, mais jusqu’à 25 fois plus puissant que ce dernier. L’autre moitié contenait des cannabinoïdes synthétiques.

Certaines de ces substances, utilisées pour fabriquer le kush, seraient importées de Chine, des Pays-Bas mais aussi du Royaume-Uni par voie maritime, aérienne ou postale.

Selon ce même rapport, cette drogue aurait probablement mené au décès de milliers de personnes en Afrique de l’Ouest, avec Sierra Leone comme «épicentre». L’étude peint des conséquences macabres : des «décès de masse ont submergé les systèmes mortuaires, forçant des incinérations d’urgence et par groupe», tandis que certains corps sont «abandonnés dans la rue».  

la riposte s'organise

En septembre 2024, le président du Liberia, Joseph Boakai, avait déclaré que «l’épidémie de drogue, en particulier l’usage du «kush», est une menace essentielle qui ronge l’avenir de (leurs) enfants et du pays». 

Le Fonds des Nations unies pour la population estime qu’au moins 20% de la jeunesse libérienne serait sous l’emprise de drogues dures.  

Selon les dires du président sierra-léonais Julius Maada Bio, le kush serait devenu une «menace existentielle». Il a également créé un groupe de travail sur la toxicomanie dans le pays, axé sur la prévention et le traitement, mélangeant engagement de la communauté locale et application de la loi. 

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités