Après la mort de 53 personnes au Yémen à la suite de plusieurs frappes américaines contre les rebelles houthis, en représailles, ces derniers ont revendiqué ce lundi matin une seconde attaque en mer Rouge contre le porte-avions Harry Truman.
La tension monte. Les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué ce lundi matin une seconde attaque en mer Rouge contre le porte-avions américain Harry Truman, après avoir déjà dit l'avoir visé la veille. Un événement qui n'a pas été confirmé par les Etats-Unis.
«Les forces armées yéménites ont visé, pour la seconde fois en 24 heures, le porte-avions américain USS Harry Truman dans la nord de la mer Rouge, avec de nombreux missiles balistiques et de croisière ainsi qu'avec des drones, dans un engagement qui a duré plusieurs heures», ont annoncé les houthis sur Telegram.
The Houthis have just released a statement, claiming for the second time today to have launched a missile and drone attack targeting the USS Harry S. Truman (CVN-75) and its Carrier Strike Group in the Northern Red Sea, which they further claim “successfully thwarted” an attack… pic.twitter.com/iiX5bNfDPo
— OSINTdefender (@sentdefender) March 17, 2025
Pour rappel, 53 personnes ont été tuées, ce dimanche, au Yémen après plusieurs frappes américaines dirigées contre les rebelles houthis, selon un bilan définitif communiqué par le ministère de la Santé des rebelles. Elles interviennent après des menaces contre le commerce maritime, auxquelles le président américain Donald Trump a promis de répondre par «une force létale écrasante».
U.S. Central Command (CENTCOM) has released footage showing the launch of F/A-18E “Super Hornets” with Strike Fighter Squadron 143 (VFA-143) and EA-18G “Growlers” with Electronic Attack Squadron 144 (VAQ-144), from onboard the USS Harry S. Truman (CVN-75) in the Northern Red Sea,… pic.twitter.com/oGEB6SpzLn
— OSINTdefender (@sentdefender) March 15, 2025
Dans un message sur son réseau Truth Social, le président américain a également demandé à l'Iran «d'arrêter immédiatement» son soutien aux Houthis, qui contrôlent de larges pans du Yémen en guerre, dont la capitale Sanaa.
Femmes et enfants comme principales victimes
Selon le ministère de la Santé des Houthis, ces frappes ont visé la capitale Sanaa, les gouvernorats de Saada (nord) et d'Al-Bayda (centre) et la ville de Radaa (centre). Elles ont fait 53 morts dont 5 enfants et 98 blessés, selon un bilan définitif communiqué par la même source.
La télévision des rebelles, Al-Massirah, avait annoncé samedi soir qu'une «attaque américano-britannique» avait visé le district de Shououb dans le nord de Sanaa, ainsi que Saada, fief des rebelles dans le nord du Yémen. Londres n'a pas annoncé de frappes dans l'immédiat.
Additional photos and videos from U.S. Central Command (CENTCOM) showing the Ticonderoga-class guided-missile cruiser USS Gettysburg (CG-64) and an unidentified Arleigh Burke-class destroyer launching Tomahawk Land Attack Cruise Missiles (TLAM) at Houthi targets in Yemen tonight,… pic.twitter.com/o3RVIKSNXt
— OSINTdefender (@sentdefender) March 15, 2025
Les Etats-Unis ont mené «une action militaire décisive et puissante» contre les Houthis au Yémen, a déclaré Donald Trump. «Nous utiliserons une force létale écrasante jusqu'à ce que nous ayons atteint notre objectif», a-t-il prévenu. Il s'agit des premières frappes américaines contre les Houthis depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche le 20 janvier.
Un porte-avions américain attaqué en mer rouge
Les Houthis, qui avaient averti que «l'agression [américaine] ne restera pas sans réponse», ont annoncé ce dimanche avoir visé un porte-avions de l'US Navy, croisant au large dans la mer Rouge.
Le chef des rebelles houthis, Abdel Malek al-Houti, a promis ce dimanche soir de viser les cargos américains et a appelé les Yéménites à se rassembler «par millions» pour protester contre les frappes menées par les Etats-Unis.
«Les Américains seront désormais visés par l'interdiction de navigation tant qu'ils poursuivront leur agression», a-t-il déclaré dans une allocution télévisée. «Notre décision ne concernait que l'ennemi israélien, mais désormais, les États-Unis sont également inclus», a-t-il ajouté.
L'ONU a exprimé son inquiétude
Cette escalade des tensions est intervenue après l'annonce par les Houthis, le 11 mars dernier, de leur intention de reprendre les attaques qu'ils menaient depuis plus d'un an au large du Yémen contre des navires de commerce qu'ils estiment liés à Israël.
L'ONU, inquiète, a appelé «à la plus grande retenue et à la cessation de toutes les activités militaires». «Toute nouvelle escalade pourrait exacerber les tensions régionales, alimenter des cycles de représailles susceptibles de déstabiliser davantage le Yémen et la région, et faire peser de graves risques sur la situation humanitaire déjà désastreuse dans le pays», a ajouté dans un communiqué Stéphane Dujarric, le porte-parole d'Antonio Guterres.
De son côté, l'Iran ripostera à toute attaque, a averti ce dimanche le chef des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du pays, après des menaces du président américain Donald Trump en cas de soutien de Téhéran aux rebelles houthis du Yémen.
«L'Iran ne cherche pas la guerre, mais si quelqu'un le menace, il donnera des réponses appropriées, résolues et définitives» à toute attaque, a assuré à la télévision d'Etat le général Hossein Salami.